L'Auberge de l'Âtre à Quarré-les-Tombes

L’Auberge de l’Âtre à Quarré-les-Tombes

Au cœur du Morvan

En rien une découverte et en tout une certitude. Celle de se retrouver et de se ressourcer au cœur du Morvan en adoptant la forme d’un temps suspendu. Qu’il y ait un pied de neige ou que les baigneurs barbotent au lac de Saint-Agnan tout proche, il fait toujours bon se retrouver au coin de l’âtre. Son cœur battant est une auberge….

L'Auberge de l'Âtre à Quarré-les-Tombes
L’Auberge de l’Âtre à Quarré-les-Tombes

Si le webonaute suit son site internet à la lettre et si le chaland colle le nez à la vitrine de ses menus, son nom est « chef ». Bizarrement, son prénom aussi. Un double chef dont on ne sait s’il porte double toque, malgré sa double casquette d’hôtelier et de restaurateur, mais le dernier assurément d’une série de chers disparus à l’instar de Bernard Loiseau, Marc Meneau ou plus récemment encore, Michel Lorrain.

L'Auberge de l'Âtre à Quarré-les-Tombes
L’Auberge de l’Âtre à Quarré-les-Tombes

Francis Salamolard n’ayant rien cédé aux SPA, piscine et cours de piano, certains internautes louent la kitch ambiance de l’Auberge de l’Âtre. J’y vois plutôt une bienveillance chaleureuse baignée dans une mer sereine au son d’un artiste qui joue d’oreille sans se soucier des révolutions de solfège et de palais. Au premier coup d’œil, la générosité, ça se remarque. Et dans l’assiette, la maîtrise aussi.

L’hôtel est très confortable. Certes, on est très loin des standards du Novotel et encore moins d’une boutique hôtel, mais vous vous sentez ici davantage dans une maison d’hôtes. Hôte, c’est un joli nom à accoler à Chef-Chef. Francis Salamolard ne se terre pas dans sa cambuse et se rend toujours disponible pour ses hôtes.

Si vous cherchez le thermalisme, il n’est pas très loin. A Saint-Honoré-les-Bains. Foncez à l’auberge sur le chemin de l’aller, un changement de pension est peut-être encore possible et, sinon, allez-y au retour, histoire de reprendre goût à la vie. Bibracte et le Mont Beuvray sont à une petite heure. Le grand moment de Chef-Chef, là où se cache Francis Salamolard, c’est l’instant R de la restauration : le dîner.

Là, bien plus qu’ailleurs, on se dit qu’il a eu raison de ne pas changer et de ne pas nous émulsionner le foie gras entre deux couches de fleurs d’Asie relevées d’une pointe de poivre que t’as même pas un seul tour opérateur qui connaît le chemin pour aller le récolter. A l’heure de s’en payer une bonne tranche, certains critiques raffolent des ectoplasmes et nous gavent de poncifs cul-culinaires.

L’Auberge de l’Âtre résiste et sert son foie gras maison. Je le partage ici. Le reste, je me le garde.

L'Auberge de l'Âtre à Quarré-les-Tombes
L’Auberge de l’Âtre à Quarré-les-Tombes

Des internautes survoltés de TripAdisor vous prient de courir à l’Auberge de l’Âtre avant qu’il ne soit trop tard. Ils lancent une Francis-mania à faire buzzer tout le Morvan. Mais trop tard pour quoi ? Y a pénurie de biches et de sangliers à Château-Chinon?

Certes, on regrettera que pour de (trop) nombreux compatriotes, le perdreau se résume à un groupe Facebook dénonçant les contrôles routiers. S’ils savaient combien Chef-Chef en a fait valser dans sa casserole, ils lui piqueraient une ride de contredanse en guise d’amende honorable.

Ici, la clientèle ne vieillit pas. Elle se patine. A mesure que défilent les années, on trinque chaque soir plus facilement au Polident qu’au Puligny, mais Monsieur Francis reste debout aux commandes, toujours jeune et fringant, le sourire aux lèvres et la joie non feinte de vous accueillir dans son Morvan. Chef-Chef est diplomate et sherpa en son royaume: il vous laisse même régler en famille le cruel dilemme Chateldon Jacoulot.

Au passage, les années où l’été n’est pas polaire, terrasse et jeux pour enfants sont aussi de la partie.

En vacances avec sa sœur, Fernand Raynaud s’interrogeait sur ce drôle d’établissement où l’on était reçu comme chez soi, où l’on mangeait comme chez soi, où l’on dormait comme chez soi … à se demander pourquoi on faisait autant de kilomètres pour venir là ! Ici, le chef Francis Salamolard est le roi des champignons du Morvan, l’hôte parfait des soirées dégustations qu’il organise régulièrement et d’une gentillesse exquise, secondé de main de maître par une équipe tout aussi aux petits soins.

Toutefois, l’essentiel est ailleurs et déborde des casseroles.

C’est la générosité de l’homme qui transpire dans les assiettes et sa volonté que tout soit aux petits oignons qui égaye toute l’auberge.

Ne vous dépêchez pas de réserver à l’Auberge de l’Âtre pour de mauvaises raisons. Oui, tout fout le camp dans la resto. Oui, un jour, ce modèle, à l’instar de tous les autres, burgers compris, aura disparu. Oui, il est probable que le chef Francis Salamolard court moins vite derrière les pleurotes morvandiaux dans les trente prochaines années. Encore que cela reste à vérifier.

Et alors ?

Hâtez-vous plutôt de réserver gîte et couvert avec le bon état d’esprit, la gentillesse et la générosité, l’envie de partager. Il y a beaucoup plus de souci à se faire de ce côté dans la restauration Franççççççççâââââââaaaaise.

L’AUBERGE DE L’ÂTRE, Les Lavaults, 89630 QUARRE-LES-TOMBES

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