Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

Un palais pour les « pôvres »

Nous repartons pour le Moyen-Âge ! 1443, construction des Hospices de Beaune par Nicolas Rolin, Chancelier du Duc de Bourgogne Philippe le Bon. Et, depuis dette date, un monument unique accueille les visiteurs du monde entier autour d’un joyau d’architecture médiévale, palais pour les pauvres, célèbre pour ses tuiles vernissées et sa vente de charité annuelle autour du vin de Bourgogne.

Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune
Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

Le 31 décembre 1451, la Grande Salle des Pôvres est inaugurée. Pour racheter son salut à la fin de la Guerre de Cent Ans, le Chancelier et Guigone de Salins dotent l’hôpital d’une rente annuelle et font appel à de nombreux artistes en vue de décorer l’édifice. Trente lits vont accueillir les malades de Beaune.

50 mètres de long, 14 mètres de large et 16 mètres de haut pour admirer cette coque de bateau renversée, en lambris de chêne, abritant des dragons multicolores crachant les poutres traversières. Une évocation de l’enfer ponctuée par les visages cocasses des bourgeois accompagnés de leurs animaux, symbolisant leurs vices.

La travée centrale de la grande salle de l’Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune comportait de grandes tables afin que les malades puissent prendre leurs repas servis, comme des seigneurs, dans une vaisselle en étain. De grands coffres permettaient aux sœurs de ranger draps et couvertures.

Par endroit, le carrelage arbore le monogramme du couple fondateur. « Seulle* » où l’amour du fondateur pour Guigone, la seule à occuper les pensées de son mari.

Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune
Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

A l’entrée de la salle, un Christ aux liens était placé au-dessus de la grande porte. Il date de la fin du XVe s. ou début XVIe s.et a été sculpté dans un fût de chêne par Jan Borman.

Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune
Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

Et comme rien n’est dû au hasard, pas même le tournage de la Grande Vadrouille de Gérard Oury en 1966…

La Grande Vadrouille
Le Deblocnot La Grande Vadrouille

La chapelle fait partie intégrante de la Salle des Pôvres. Elle permettait aux pensionnaires d’assister aux offices sans se déplacer. A suivre, Le retable ouvert peint par Roger van der Weyden est présenté à la fin de la visite.

Sous une plaque de bronze, les restes de la dépouille mortelle de Guigone de Salins.

Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune
Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

Cette chapelle impressionnante sera parfaitement entretenue grâce aux dons des bourgeois et des nobles qui permirent également l’extension du bâtiment à de nouvelles salles. L’hôpital de Beaune ne fut transféré dans des installations plus modernes qu’en 1971.

Un mot sur la Salle Sainte-Anne qui comprenait quatre lits réservés aux âmes nobles, selon la volonté du fondateur. Elle évoque désormais la lingerie gérée par les Hospices et notamment les couvertures somptueuses qui étaient des tapisseries disposées sur les lits des malades les jours de fêtes.

L’Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune, ce sont les toits recouverts de tuiles multicolores, les lucarnes travaillées, la ferronnerie gothique et l’austérité du bâtiment d’entrée recouvert d’ardoises orné d’une flèche s’élevant à près de 50 mètres du sol.

La Salle Saint-Nicolas étant réservée à la vaccination contre le COVID, nous voici en cuisine ! Une cuisine qui a fonctionné jusqu’en 1985 à l’attention des pensionnaires de la maison de retraite. Elle nous replonge désormais dans l’ambiance du début du XXe s.

La pharmacie ou apothicairerie comprend une pièce destinée à la découverte du monde végétal et animal et des décoctions susceptibles de guérir ou de soulager les maux, témoignant dès la création de l’Hôtel-Dieu du grand attrait pour cette science balbutiante, et de l’Officine, grande bibliothèque de plantes médicinales et autres recettes parfois étonnantes.

Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune
Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

Un passage par la Salle Saint-Louis comprenant coffres, coffrets, statues et vitraux des XVe et XVIe s. ainsi qu’une série de tapisseries de Bruxelles. Cette salle est réservée à l’exposition permanente de l’Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune et offre un clin d’œil final sur la célébrissime vente annuelle de charité de pièces de vins au profit des œuvres hospitalières.

La Salle du Polyptyque évoque la fameuse Dame à la Licorne du musée de Cluny du XVIe s. Le futur Saint Eloi, forgeron et maître, souhaite imiter son apprenti et coupe la jambe de son cheval sans parvenir à la recoller. Cet apprenti fraîchement arrivé n’est autre que le Christ qui lui offre ainsi une leçon d’humilité quand bien même serait-il « maîtres des maîtres, maître sur tous ».

Un hommage à Guigone….

Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune
Hôtel-Dieu des Hospices Civils de Beaune

Et un Jugement Dernier, installé sur le maître-autel uniquement les jours de fêtes, plus loin, on se dit que c’est bel et bien un morceau d’histoire de Beaune et de Bourgogne qui s’est déroulé sous nos yeux. Logeant à Beaune, ou passant pas très loin par Chalon-sur-Saône, avant ou après un resto ou un mâchon de circonstance, cette visite est à ne pas rater dans la région !

L’HÔTEL-DIEU DES HOSPICES CIVILS DE BEAUNE, 2 rue de l’Hôtel-Dieu, 21200 BEAUNE

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