Le château de Sully-sur-Loire

Château de Sully-sur-Loire, Loiret

Sully, la Trémoille, Béthune

Ou les trois familles qui président à la destinée de ce château dont la première trace remonte à 1102, car l’édifice contrôlait un pont sur la Loire aujourd’hui disparu. Jusqu’en 1962, date d’acquisition du Conseil général du Loiret, le château de Sully-sur-Loire est resté dans la famille du premier duc de Sully.

Château de Sully-sur-Loire, Loiret
Château de Sully-sur-Loire, Loiret

60 000 visiteurs, en moyenne, contemplent annuellement la porte d’entrée Est du Val-de-Loire classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Impossible de visiter le château de Sully-sur-Loire sans s’intéresser au bourg puisqu’il est érigé en plein centre ville.

Château de Sully-sur-Loire, Loiret
Château de Sully-sur-Loire, Loiret

Pour autant, rien de bien croustillant au château de Sully, si l’on excepte qu’il a survécu à un incendie en 1918 et aux bombardements de 1940 et 1944. D’ailleurs, la chambre du roi, un classique du Moyen-Âge, pourrait vous laisser croire qu’Henri IV serait passé par là, comme pour le château d’Ancy-le-Franc. Hélas ! Il n’y a jamais mis les pieds, au contraire de son petit-fils, Louis XIV, qui a fui la Fronde en mars 1652.

C’est en 1602 que Maximilien de Béthune entre en possession du château Renaissance de Sully-sur-Loire.

Entre la construction de la tour-maîtresse par Philippe-Auguste en 1218 et cette acquisition, peu d’événements retiennent l’attention. Si ce n’est l’ajout de quelques bâtiments, Le château de Sully-sur-Loire est avant tout composé à la base d’un donjon et d’un petit château et le reste n’est que fortifications ou embellissements suivant les différentes époques.

Amoureux des plafonds et des charpentes, levez les yeux ! Cela vaut très souvent la peine, même s’il convient d’effectuer un petit effort pour transposer les époques successives de réalisation.

La charpente gothique en berceau brisé a été datée. Elle correspond à une coupe intervenue durant l’hiver 1400-1401 dans les forêts de Sully et d’Orléans. Et si vous pensez à Notre-Dame de Paris, la suite de cet article ne vous donnera pas forcément tort…

Mention spéciale à la rigole qui permettait d’envoyer un boulet, ou de l’huile bouillante, à destination de l’ennemi…

Château de Sully-sur-Loire
Château de Sully-sur-Loire

Ainsi qu’une autre mention particulière pour les draperies, tentures et tapisseries qui ornent l’ensemble du château, dont « Le bal des nymphes ».

Nous trouvant dans un château détruit à plusieurs reprises, il est parfois difficile de distinguer clairement les éléments repris de manière contemporaine et les créations d’époque.

Château de Sully-sur-Loire
Château de Sully-sur-Loire

Le rachat par le Conseil général a conduit à un ré-ameublement du château qui, sans virer à la brocante ou au vide-grenier, nous désarçonne parfois puisque nous évoluons au gré des salles avec du mobilier s’échelonnant du XVIe au XIXe siècle.

« Maximilien de Béthune échappant aux massacres de la Saint-Barthélémy » par Jean-Auguste Dubouloz illustre l’hôte prestigieux des lieux, largement évoqué au sein du château, en qualité de ministre d’Henri IV qui l’élèvera au rang de duc.

C’est une réplique en plâtre du tombeau du duc de Sully, et de son épouse Rachel de Cochefilet, qui vous accueille; il faudra vous rendre dans le Perche pour y trouver l’original où repose le surintendant général, seigneur de Nogent-le-Rotrou.

Jeanne d’Arc est passée par ici et, comme vous le savez, elle repassera par là… La région Centre comporte de nombreuses évocations du périple de Jeanne.

Profitant d’une balade en centre ville -le château étant idéalement situé dans le bourg-, ne manquez surtout pas la visite de la très jolie église Saint-Ythier, Elle se situait dans la basse cour du château de Sully-sur-Loire et elle a conservé ses orgues et son mobilier XVIIIe s., sans compter deux superbes vitraux de la fin du XVe s, « L’arbre de Jesse » et « La légende des pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle ».

L’allusion à Maurice de Sully, au fronton de l’église, rappelle que le natif de Sully-sur-Loire fut également évêque de Paris entre 1160 et 1196 et que la Capitale lui doit beaucoup. Tout d’abord, après avoir convaincu Philippe-Auguste de son utilité aux parisiens, il fut à l’origine du pavage de Paris -et ce ne fut pas une mince affaire- et, ensuite, nous lui devons la construction de Notre-Dame de Paris. Ce projet était démesuré, car à l’époque, le modèle absolu de cathédrale gothique était représenté par celle de Sens, en Bourgogne.

Pour autant, il ne vous a pas échappé que l’ancienne basse cour n’est pas vraiment située dans l’enceinte des fortifications. Le duc de Sully était protestant et l’église a donc été déplacée « hors les murs ».

Château de Sully-sur-Loire
Château de Sully-sur-Loire

Vous l’aurez aisément compris, dans un match Chenonceau vs Sully, la prime au château habité revient à la famille Menier. C’est un avis subjectif, bien entendu, et très discutable. Le château de Sully-sur-Loire est tellement « abouti » qu’il empêche toute perspective de rétropédalage, alors que le visiteur sait pertinemment que certaines pièces ont été très largement remaniées dans une version contemporaine.

Ne jetons pas l’édifice dans les douves pour autant ! Le site présente un intérêt majeur pour le jeune public qui peut ainsi beaucoup mieux se projeter sur la vie de château, à la différence de Chambord ou d’un autre château Renaissance comme Maulnes, par exemple.

Et puis, n’avions-nous pas dit que nous ferions tous les châteaux de la Loire ? Nan mais!

Sully, c’est fait.

CHÂTEAU DE SULLY-SUR-LOIRE, 45600

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