Le musée Charles X du Louvre

Louvre Musée Charles X égyptologie

L’Homme en grand

En 1827, le roi Charles X inaugure huit nouvelles salles du musée royal. Aménagées dans l’aile sud de la cour carrée du Louvre, elles sont consacrées aux antiquités égyptiennes et gréco-romaines. Le décor des plafonds et les vitrines offrent le rare témoignage d’un aménagement muséographique conservé du XIXe siècle.

Pyramidions des tombeaux de Khâ, architecte, et d'Imenemheb vers 1400 av. J.-C. musée Charles X Louvre
Pyramidions des tombeaux de Khâ, architecte, et d’Imenemheb vers 1400 av. J.-C. musée Charles X Louvre
Champollion Louvre salles Charles X
Champollion Louvre salles Charles X

Aile Sully, 1er étage. L’architecte Fontaine organise en réalité neuf salles. Cette partie du palais a d’abord abrité les appartements de la reine régnante, à côté du pavillon du roi. Après le départ du roi pour le palais de Versailles, cette aile a été occupée par l’Académie d’Architecture. Après la Révolution, la totalité de l’aile sert de logement et d’ateliers à des artistes. Eh oui! L’égyptologie au Louvre ne se limite pas au franchissement du Pavillon de l’horloge.

C’est sous Napoléon 1er que commence l’aménagement de cet espace par l’architecte Fontaine. Il aménage quatre salles de chaque côté de la salle des Colonnes se trouvant dans le pavillon des Arts. Ce travail est terminé en 1819. Entre 1819 et 1827, ces salles sont utilisées pour des expositions des produits de l’industrie et le Salon des artistes vivants. C’est le développement continu des collections et le goût toujours en vogue pour l’égyptologie qui pousseront Charles X à demander cette extension du musée royal. D’où la nécessité de visiter ces salles, de bas…en haut, à l’instar de la sixième salle.

François Picot, L’Etude et le Génie dévoilent l’Egypte à la Grèce, où comment expliquer à ses contemporains que l’évolution de la société actuelle dépend en grande partie de civilisations passées.

François Picot, L'Etude et le Génie dévoilent l'Egypte à la Grèce, musée Charles X Louvre
François Picot, L’Etude et le Génie dévoilent l’Egypte à la Grèce, musée Charles X Louvre

Les pièces sont toutes dignes d’intérêt ! Comme ce roi de la 11e ou 12e dynastie dont les yeux sont incrustés de calcaire.

Roi de la 11e ou 12e dynastie 2000-1900 av JC Louvre salles Charles X
Roi de la 11e ou 12e dynastie 2000-1900 av JC Louvre salles Charles X

Ou bien encore Ankh, prêtre d’Horus, en diorite, 2700 avant JC

Amon protégeant Toutânkhamon 1336 – 1327 avant J.-C.

Une pause d’antiquités s’impose et je vous invite à lever les yeux au ciel. Abel de Pujol, plafond de la septième salle, L’Egypte sauvée par Joseph est une allusion biblique rappelant que pour le monde occidental, l’Egypte ne fut longtemps connue qu’à travers les récits de la Bible. Dans l’esprit du XIXe s., cet épisode évoque donc naturellement la période ancienne de l’histoire égyptienne.

Abel de Pujol, " L'Egypte sauvée par Joseph " musée Charles X Louvre
Abel de Pujol,  » L’Egypte sauvée par Joseph  » musée Charles X Louvre

Dans la quatrième salle, le plafond représente un tableau de François-Edouard Picot, 1832, Cybèle protège contre le Vésuve les villes de Stabiae, Herculanum, Pompéi et Résina

Cybèle protège contre le Vésuve les villes de Stabiae, Herculanum, Pompéi et Résina musée Charles X Louvre
Cybèle protège contre le Vésuve les villes de Stabiae, Herculanum, Pompéi et Résina musée Charles X Louvre

François-Joseph Heim, 1827, Le Vésuve personnifié reçoit de Jupiter le feu qui doit consumer les villes d’Herculanum, de Pompéi et de Stabies

Le Vésuve personnifié reçoit de Jupiter le feu qui doit consumer les villes d'Herculanum, de Pompéi et de Stabies musée Charles X Louvre
Le Vésuve personnifié reçoit de Jupiter le feu qui doit consumer les villes d’Herculanum, de Pompéi et de Stabies musée Charles X Louvre

Charles Meynier, 1827, Les Nymphes de Parthénope, emportant loin de leurs rivages les Pénates, images de leurs dieux, sont conduites par la déesse des Beaux-Arts sur les bords de la Seine

Les Nymphes de Parthénope, emportant loin de leurs rivages les Pénates, images de leurs dieux, sont conduites par la déesse des Beaux-Arts sur les bords de la Seine, musée Charles X Louvre
Les Nymphes de Parthénope, emportant loin de leurs rivages les Pénates, images de leurs dieux, sont conduites par la déesse des Beaux-Arts sur les bords de la Seine, musée Charles X Louvre

Vous l’aurez compris sans peine. Le Louvre, à l’instar de Versailles ou de Fontainebleau, se visite aussi le nez en l’air !

Revenons à nos antiquités. Les statues Sépa sont les plus anciens exemples connus de représentations grandeur nature réalisées en Egypte pour des particuliers. Tous deux sont debout ; Sépa, l’homme, avance la jambe gauche, Nesa se tient jambes jointes dans l’attitude habituelle des effigies féminines. Leurs vêtements et parures sont autant de signes extérieurs de leur statut social : ils sont vêtus de lin, coiffés de perruques, leurs yeux soulignés de fards vert et noir ; Nesa est parée de nombreux bracelets et Sépa porte, le long de son bras droit, un sceptre de commandement. Les représentations grandeur nature sont très impressionnantes au Louvre.

Statues Sepa et Nepa et personnages grandeur nature musée Charles X Louvre
Statues Sepa et Nepa et personnages grandeur nature musée Charles X Louvre
Statues Sepa et Nepa et personnages grandeur nature musée Charles X Louvre
Statues Sepa et Nepa et personnages grandeur nature musée Charles X Louvre

Le scribe accroupi, 2600-2350 av. J.-C., calcaire peint et yeux incrustés de cristaux de roche dans du cuivre.

Le groupe constitué de Raherka et de sa femme, Merséânkh, a été sculpté dans un bloc de beau calcaire, qui a gardé une grande partie de ses couleurs. Sur le socle, face à chacun d’eux, les hiéroglyphes, soigneusement sculptés en creux, indiquent leurs noms précédés de leurs titres. Initialement, ce groupe était placé dans la chapelle de leur tombe, peut-être située dans la grande nécropole Giza.

Sénynéfer et son épouse, Hatchepsout, vécurent à Thèbes, à une époque stable et prospère du Nouvel Empire, pendant le règne d’Aménophis II. Le sculpteur a visiblement cherché à faire le portrait de ces deux grands personnages de la cour. Hatchepsout présente une figure large et ronde ; Sénynéfer a des traits fins pour un visage plus émacié. Le pilier dorsal porte une formule d’offrandes qui nous éclaire sur l’aspect funéraire du monument.

Sény(néfer), chef de bureau du roi et sa femme, Hatchepsout, musée Charles X Louvre
Sény(néfer), chef de bureau du roi et sa femme, Hatchepsout, musée Charles X Louvre

Ensemble « fausse porte » de Méry, scribe en chef des archives royales vers 2550 avant J.-C., (milieu 4e dynastie) trouvée dans le cimetière de Saqqara calcaire.

Ensemble "fausse porte'' de Méry, scribe en chef des archives royales vers 2550 avant J.-C., musée Charles X Louvre
Ensemble « fausse porte » de Méry, scribe en chef des archives royales vers 2550 avant J.-C., musée Charles X Louvre

Amenemhatânkh est debout. En signe de respect, il pose les mains à plat sur son vêtement. La statue, très soignée, montre une musculature contenue, un visage jeune aux grands yeux et à la bouche tombante. Les inscriptions, réparties de chaque côté du pilier dorsal et à l’avant de la jupe, nomment le roi Amenemhat III sous le règne duquel a vécu cet éminent personnage.

Le Scribe accroupi 4e ou 5e dynastie, 2600 – 2350 avant J.-C. trouvé à Saqqara. On ne sait rien sur le personnage qu’il représente : ni son nom, ni ses titres, ni l’époque précise à laquelle il vivait. Malgré cela, sa statue attire le regard du visiteur.

L’échanson Ouhemmenou offre à boire au grand intendant Iat attablé devant un repas vers 1550 avant J.-C. (fin 17e – début 18e dynastie) en calcaire peint : « Veuille le roi accorder une offrande à Osiris, le seigneur de Busiris, le dieu qui réside à Abydos, pour qu’il donne une offrande de pains, bières, viandes et volailles et toute chose bonne et pure dont vit un dieu, que donne le ciel, que crée la terre, qu’apporte l’inondation comme offrande, qu’il accorde de boire l’eau sur la rive, au grand intendant… »

Fragment de la décoration d’une tombe : femme à une cérémonie règne de Thoutmosis IV ou Aménophis III, vers 1400 – 1350 avant J.-C. nécropole de Thèbes-ouest, près de Louxor, une peinture sur limon.

Fragment de la décoration d'une tombe musée Charles X Louvre
Fragment de la décoration d’une tombe musée Charles X Louvre

Le Louvre propose des collections vivantes et chaque visiteur est libre de s’attacher aux nombreuses suggestions et de s’accaparer ses propres souvenirs. Certes, il est impossible de tout retenir, mais il est tout aussi impensable de tout oublier !

Le département des antiquités égyptiennes mériterait une visite de deux jours à lui seul. Savoir picorer, prendre le temps de s’attarder sur une pièce…et revenir un jour ! Voici l’excellent programme que peut vous proposer le musée, en marge de l’exposition sur Léonard de Vinci notamment.

LE LOUVRE rue de Rivoli 75001 PARIS

Toutes les images ou vidéos qui ne sont pas de ma production vous emmènent directement vers leur site hébergeur par simple clic. Une occasion supplémentaire d’être curieux et d’en apprendre bien davantage sur le sujet traité ici!

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