Salle des Croisades du château de Versailles

La Salle des Croisades du château de Versailles

Vaut le détour…

Avant de vous précipiter vers l’Opéra royal du Château de Versailles, je vous conseille un détour par la Salle des Croisades, située juste à côté des Salles d’Afrique (hélas! Fermées lors de notre visite).

L’évocation des croisades apparut très tôt dans le projet du roi pour Versailles et constitue d’abord un hommage de Louis-Philippe à la noblesse légitimiste. L’emplacement choisi fut le rez-de-jardin du pavillon central de l’aile du Nord, le pavillon de Noailles, rebaptisé « pavillon du Roi ».

Salle des Croisades du château de Versailles
Salle des Croisades du château de Versailles

Arrivée en France en 1837, la porte de Rhodes servit de modèle pour l’ensemble du décor des salles des Croisades. Elle provient de l’hôpital de l’Ordre des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui s’était installé dans l’île de Rhodes au début du XIVe siècle, après avoir été chassé de Terre Sainte en 1291, suite à la prise de Saint-Jean d’Acre, qui mit fin aux croisades.

Salle des Croisades du château de Versailles, la porte de Rhodes
Salle des Croisades du château de Versailles, la porte de Rhodes

Richement sculptée dans le dernier style gothique, la porte, à deux vantaux, est datée de 1512 et porte une statuette de saint Jean-Baptiste, patron de l’ordre. Elle fut redécouverte en 1836, remisée dans un magasin de l’hôpital, par l’un des fils de Louis-Philippe, le prince de Joinville, qui  la fit offrir par le sultan à son père pour son musée de Versailles.

Dans les cinq salles des Croisades se déploie le récit des huit principales croisades, entre la fin du XIe et la fin du XIIIe siècle, ainsi que celui des principaux épisodes de l’histoire des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem depuis leur départ de Terre Sainte, à la fin du XIIIe siècle, jusqu’à leur installation dans l’île de Malte au XVIe siècle. Les 125 tableaux en place, enchâssés dans les boiseries, sont dus à de nombreux peintres d’histoire et de portraits de l’époque établis à Paris comme Delacroix, Granet, Larivière…et de jeunes peintres étrangers en formation en France.

Comme ce « La ville de Ptolémaïs remise à Philippe-Auguste et Richard-Coeur-de-Lion, 13 juillet 1191 » de Merry-Joseph Blondel, commandé pour 10 000 francs pour « la grande salle des Croisades du pavillon du Roi à Versailles » le 30 avril 1838.

Ces évocations se lisent comme un roman historique dont les murs seraient des pages écrites sous forme de bulles.

Salle des Croisades du château de Versailles
Salle des Croisades du château de Versailles

Levez les yeux au ciel, c’est le bon endroit, et admirez le travail sur bois des caissons au plafond!

Au détour des salles magnifiques, le presque Bourguignon sursaute. « Prédication de la deuxième croisade à Vézelay, 31 mars 1146« . Le 31 mars 1146, jour de Pâques, en présence du roi Louis VII et de la reine Aliénor d’Aquitaine, Bernard de Clairvaux prêcha la croisade à une foule immense, à Vézelay, en Bourgogne au lieu-dit « la croix Saint-Bernard », à quelques centaines de mètres de la basilique, en contre-bas, à mi-flanc de coteau sur le penchant face à Asquins et non au sommet de la colline en raison de l’exiguïté de l’abbatiale qui s’avéra bien trop petite pour contenir la foule, évaluée selon la tradition orale à 100 000 personnes.

Salle des Croisades du château de Versailles, Prédication de la deuxième croisade à Vézelay, 31 mars 1146
Salle des Croisades du château de Versailles, Prédication de la deuxième croisade à Vézelay, 31 mars 1146

Pour commémorer l’événement, l’abbé du monastère, Ponce de Montbroissier, fait élever une chapelle commémorative « la chapelle Sainte-Croix », consacrée en 1152, et une croix en pierre qui fut détruite à la Révolution. À la suite de son prêche, Louis VII, sa femme Aliénor d’Aquitaine, les princes et seigneurs, et toute l’assistance se prosternèrent aux pieds de Bernard et se mirent à réclamer des croix de pèlerin, à tel point que l’on raconte que le tissu vint à manquer et que Bernard de Clairvaux lui-même donna son habit pour que l’on y taille des croix. Émile Signol immortalise la scène en 1840.

Salle des Croisades du château de Versailles, Prédication de la deuxième croisade à Vézelay, 31 mars 1146
Salle des Croisades du château de Versailles, Prédication de la deuxième croisade à Vézelay, 31 mars 1146

Louis VII que vous croiserez à nouveau dans « Louis VII prend l’oriflamme à Saint-Denis, 1147« , une œuvre de Jean-Baptiste Mauzaisse de 1840, commandée pour 2000 francs.

Bien évidemment, sept siècles plus tard, ces tableaux n’ont pas un effet Polaroïd en 1840, mais ils décrivent par contre la manière dont l’Occident imagine l’Orient, sans aucune vérité historique établie bien entendu. Et je puis vous assurer que lors d’un jour de grande affluence à Versailles, tout le monde s’en fiche des cinq Salles des Croisades et vous êtes tranquille dans votre étude!

Et si le roman historique avec ses exagérations et ellipses ne vous intéresse guère, la technique artistique vous émerveillera à coup sûr ! Prenez l’air, foncez au Trianon!

LA GALERIE DES CROISADES du château de Versailles 78000 VERSAILLES

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