Le Petit Trianon

Le Petit Trianon

Pas si petit que ça…

En 1758, Louis XV envisage la construction d’un nouveau petit château au milieu des jardins qu’il a développés et embellis depuis une petite dizaine d’année.

Il commande à Ange-Jacques Gabriel, son Premier architecte, un pavillon de taille suffisamment conséquente pour y habiter et y loger une partie de sa suite. Gabriel signe ici un véritable manifeste de l’architecture néo-classique, exemple parfait de la mode « à la grecque » qui se répandait alors en Europe.

Achevé par Ange-Jacques Gabriel en 1768, le nouveau château de Trianon est nommé Petit Trianon pour le distinguer du Trianon de marbre voisin, directement accessible par le Chemin Creux qui prend quant à lui le nom usuel de Grand Trianon.

C’est à Trianon, en avril 1774, que Louis XV ressent les premières atteintes de la petite vérole qui l’emporte quelques jours plus tard, amenant les jeunes Louis XVI et Marie-Antoinette à monter sur le trône.

Statue en marbre de Louis XVI
Exécutée en 1777 par Louis-Simon Boizot
(Antichambre)

Le Petit Trianon et son domaine sont ensuite offerts par Louis XVI à sa jeune épouse, qui en fait son séjour favori et entreprend d’importants travaux extérieurs.

Buste de Marie-Antoinette en 1775 en porcelaine de Sèvres
Exécuté d’après un modèle de Louis-Simon Boizot
(Buste brisé pendant la Révolution et restauré en 1858)
(Grande salle à manger)

Restons un instant dans cette Grande salle à manger, où Louis XV joua avec les tableaux et les penseurs de son temps. Le pauvre Hallé en fit les frais. Le Roi avait souhaité illustrer la salle de tableaux ayant trait à ce que nous appellerions aujourd’hui la gastronomie et le tableau du peintre Hallé « Les vendanges ou le triomphe de Bacchus » attira tant de critiques qu’il fut un temps retiré. Hallé fait partie des peintres qui furent l’objet des plus vives satires de Diderot. Ainsi, dans son Salon de 1763, il écrit : « Hallé est toujours le pauvre Hallé. Cet homme a la rage de choisir de grands sujets qui demandent de l’invention, des caractères, du dessin, de la noblesse, toutes qualités qui lui manquent. […] vous êtes d’une fadeur de monotonie insupportable. Vous m’ennuyez, Monsieur Hallé ; vous m’ennuyez. […] Tout cela est misérable. »

Petit Trianon, grand salle à manger, Les Vendanges de Hallé
Petit Trianon, grand salle à manger, Les Vendanges de Hallé
Petit Trianon, la Grande salle à manger, Borée et Orythie de Charles Monnet

Charles Monnet aura plus de chance avec son Borée et Orythrie et son Zéphir et Flore

La grande pièce du premier étage servait de salon de compagnie, de jeux et de musique, à l’époque de Marie-Antoinette. Le décor textile est un « damas trois couleurs » de Lyon, utilisé dans les châteaux royaux au XVIIIè siècle. Les instruments de musique sont : au centre un piano-forte réalisé par le facteur Pierre Taskin en 1790 et une harpe datant de 1780.

Le jardin botanique de Louis XV est bientôt remplacé par un jardin anglo-chinois dans le goût du temps.

Au moment de la Révolution, le Petit Trianon est transformé en auberge, tandis que les jardins échappent de peu au lotissement. Napoléon redonne ensuite son lustre à l’ensemble, faisant restaurer château et jardins d’abord pour sa sœur Pauline puis pour l’impératrice Marie-Louise, sa seconde épouse.

C’est à l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III, qu’il revient d’avoir, en 1867, transformé le Petit Trianon en musée consacré au souvenir de Marie-Antoinette.

Le Petit Trianon, «Marie-Antoinette à la rose» par Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) Huile sur toile, 1783 (Antichambre)

Le bâtiment adopte une forme cubique extrêmement simple ; sa toiture est dissimulée par une balustrade. Gabriel a su éviter un traitement décoratif trop simple ou trop austère en variant le traitement réservé aux façades du château qui offrent toutes cinq ouvertures par étage.

Le Petit Trianon
Le Petit Trianon

La façade méridionale, sur la cour d’honneur, est sobrement ornée de quatre pilastres soulignant une légère saillie des trois travées centrales et ouvre sur une large perspective.

Le Petit Trianon
Le Petit Trianon

La façade nord reprend ce traitement mais avec un étage en moins à cause de la différence de niveau ; la façade est, qui donnait sur le jardin botanique de Louis XV, est la plus sobre. En revanche, la façade occidentale, donnant sur le Jardin français, a reçu un traitement très soigné en étant savamment mise en valeur par une élégante terrasse et rehaussée par quatre majestueuses colonnes corinthiennes qui créent un léger avant-corps. Les proportions de l’ensemble en font un chef-d’œuvre d’harmonie et d’élégance.

De Louis XV à Louis XVI, de Madame de Maintenon à Marie-Antoinette, le château prospère de fabriques, de dorures et de salles d’agrément et s’équipe même de bains et de trou d’aisance au fur et à mesure des améliorations concédées par les rois.

Au bout du jardin français, se trouve le Pavillon Français, fabrique (folie) souhaitée par Louis XV et madame de Maintenon, réalisée en 1750 par Gabriel. A la différence du Belvédère, il est composé d’un salon octogonal avec antichambre, réchauffoir, boudoir et garde-robe. A noter que le jardin est fidèle au plan de 1794.

Le Petit Trianon
Le Petit Trianon

À l’intérieur, l’espace des deux premiers étages s’organise autour du vestibule.

Au rez-de-chaussée se trouvent la Salle des assiettes de porcelaine et le réchauffoir. Le service à dessert «à attributs et groseilles» est un service de porcelaine de Sèvres acheté par Louis XV en 1763. Les plats et assiettes regorgent de superbes trophées civils et militaires vraisemblablement peints par le spécialiste du genre à la Manufacture, Charles Buteux. Après avoir été utilisé dans d’autres pavillons du domaine de Versailles, il fut transporté au Petit Trianon en 1769, une fois celui-ci achevé. Le service a été enrichi jusqu’en 1790. « Le réchauffoir » ne servait qu’à réchauffer les mets qui étaient préparés dans les communs, éloignés du château afin d’éviter les nuisances, car le Petit Trianon…est bien plus petit que le Grand Trianon!

Au passage, ne ratez pas la finesse des sculptures et la mini-expo sur les tenues de livrée.

Et notamment le palier du premier étage avec un bas-relief représentant une tête de Méduse.

Le Petit Trianon
Le Petit Trianon

La différence de niveau du terrain sur lequel est bâti le château permet aux pièces de réception du premier étage de s’ouvrir de plain-pied sur les jardins. L’appartement de Marie-Antoinette, entresolé, donne sur le Jardin anglais et le Temple de l’Amour, à deux pas du hameau.

Petit Trianon, Temple de l'Amour
Petit Trianon, Temple de l’Amour

La Chambre à coucher du Petit Trianon. Cette pièce fut d’abord la cabinet de retraite de Louis XV, puis la chambre de madame du Barry en 1772, enfin celle de Marie-Antoinette.

On y remarque un cabinet dit « des glaces mouvantes », dont un ingénieux système de panneaux de boiseries mobiles permet d’obturer à volonté les deux portes fenêtres, faisant place à un boudoir.

Petit Trianon, Cabinet dit « des glaces mouvantes »
Petit Trianon, Cabinet dit « des glaces mouvantes »

Le Belvédère ou Pavillon du Rocher est une fabrique de jardin (folie) érigée de 1778 à 1781 par Richard Mique à l’attention de Marie-Antoinette, entièrement rénové en 2012 par Vinci en mécénat, sous son aspect Ancien Régime. Louis XVI a donné carte blanche à la Reine pour aménager son Eden, et elle s’entoure de ses propres artistes et artisans. La seule contrainte est de respecter l’architecture générale de Gabriel, mais pour le reste, c’est très open ! Ainsi, le Belvédère se situe-t-il dans le jardin alpin, lui-même intégré au jardin anglo-chinois disposé au sein du grand jardin anglais. Toute cela inspiré par Jean-Jacques Rousseau, s’il vous plaît ! L’édifice comporte huit façades, mais son intérieur est circulaire. Il faudra quatre années de terrassement pour ériger le rocher et créer ce petit torrent …qui s’inspire de la Suisse et donne le surnom de jardin alpin à cet emplacement. La Reine y prend son petit-déj’ ou y organise des fêtes au printemps, en pleine contemplation de la nature qui s’égaye.

Après le Grand Trianon, et juste avant le Hameau de la Reine, il est bien difficile de se pencher sur chaque fabrique de jardin, ou bien encore les Glacières, le Château neuf, les Communs, la Ménagerie, le Pavillon frais, le Pavillon de Jussieu, la Chapelle, le Théâtre de Marie-Antoinette ou l’Orangerie. Il faudrait une bonne journée, surtout si vous bénéficiez d’une visite guidée de la Maison de la Reine!

Petit Trianon, l'Orangerie
Petit Trianon, l’Orangerie

Au final, le château a été entièrement restauré en 2016, à l’instar de la Maison de la Reine et du hameau éponyme. C’est le moment de redécouvrir Versailles, je vous le dis !

Domaine de Trianon
Domaine de Trianon

LE PETIT TRIANON, Domaine du château de Versailles, 78000 VERSAILLES

Toutes les images ou vidéos qui ne sont pas de ma production vous emmènent directement vers leur site hébergeur par simple clic. Une occasion supplémentaire d’être curieux et d’en apprendre bien davantage sur le sujet traité ici!

Je remercie châteauversailles.fr qui m’a beaucoup aidé dans la mise en valeur de mes captations images et vidéos, grâce aux différentes présentations du site que je vous invite à rejoindre pour plus d’information :

http://www.chateauversailles.fr/
http://www.chateauversailles.fr/

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