Le Grand Trianon

Le Grand Trianon

Du fait de la dispersion du mobilier sous la Révolution, l’ameublement de ce site le plus notable de Versailles, restauré en 2015, est davantage napoléonien que Roi-Soleil, mais il n’en demeure pas moins superbe!

Une idée royale

Et tout d’abord le point de vue de Google Maps sur l’affaire et si possible prenez deux jours :

Plan d’ensemble du Grand Trianon, merci Google!

Tout démarre malgré tout sous Louis XIV, puisque ce dernier achète le village de Trianon en 1663 et fait construire un premier palais en 1670 par Louis le Vau, le Trianon de porcelaine, fragile par définition. Le bâtiment s’étant détérioré, le Roi, lassé, le fait démolir et change radicalement de style en 1687, grâce à Jules Hardouin-Mansart et son Trianon de marbre.

Le Trianon est un château personnel érigé pour échapper aux tumultes de Versailles et y vivre également les amours clandestines royales avec Madame de Montespan. Nous y retrouvons donc un palais, avec une cour d’honneur et des jardins à la française, des bassins dont le bassin Plat fond, le bassin dit à « oreilles » et le bassin du Fer-à-cheval.

Grand Trianon les jardins
Grand Trianon les jardins

La particularité du site est que Louis XIV fut omniprésent durant sa construction. Ainsi le péristyle est-il une décision royale imposée à Hardouin-Mansart. Inspiré par l’Italie, ce palais ne dispose que d’un seul niveau et sa toiture est plate. Les caisses n’étant pas pleines, si l’extérieur est fait de marbre, l’intérieur se trouve quant à lui moins luxueux, mais l’essentiel est que le fleurissement y soit constant.

Une anecdote illustrant l’implication royale dans la construction raconte que le Roi trouva une différence dans les mesures d’une fenêtre. Son Secrétaire d’État de la Guerre, le Marquis de Louvois, objecta qu’une erreur lui semblait peu vraisemblable. Louis XIV demanda alors à Le Nôtre de prendre toutes les mesures dans l’art de la géométrie et contraint son Ministre à s’excuser ; la différence était réelle. Pour se faire pardonner et faire diversion, le Marquis déclencha une guerre afin de s’accaparer à nouveau les faveurs royales.

En 1688, Louis XIV et Madame de Maintenon font du Grand Trianon leur résidence privée et la maison n’aura de cesse d’évoluer au gré des envies du Roi. Par la suite, Marie-Antoinette préférant le Petit-Trianon, il faudra attendre Napoléon pour voir le bâtiment évoluer vers sa perspective actuelle, Charles de Gaulle se chargeant d’en faire un Palais présidentiel, en 1963, en vue d’accueillir les hôtes de la République.

L’Appartement de l’Impératrice. Au Grand Trianon, l’appartement des souveraines dans l’aile gauche est relié aux appartements des souverains dans l’aile droite par le Péristyle, à l’instar du château de Versailles

Le Grand Trianon, le péristyle
Le Grand Trianon, le péristyle

La Chambre de l’Impératrice est l’ancienne chambre de Louis XIV qui a conservé ses colonnes corinthiennes. L’Impératrice le remeublera entièrement, à l’exception du lit. Le mobilier est composé d’un lit en bois doré et baldaquin livrés aux Tuileries par Jacob-Desmalter en 1809 pour Napoléon Ier, modifié par Louis XVIII qui y décédera en 1824. Transporté au Trianon, il sera élargi pour Louis-Philippe et Marie-Amélie. Le dossier porte le chiffre LP couronné. Une balustrade en bois peint et doré a été exécutée par Marcion en 1810. Deux corbeilles à linge de l’ébéniste Marcion et le tapissier Darrac, exécutées en 1810 et ornées du chiffre MA en 1839 pour la reine Marie-Amélie complètent l’ensemble et deux somnos (tables de nuit) en frêne, exécutés par Alphonse Jacob-Desmalter en 1837.

Le Second Salon de l’Impératrice. Cette pièce, restituée dans son état de 1700, sera séparée en deux parties en 1805 à la demande de Madame Mère, qui transformera cette dernière en second salon. Marie-Louise, puis Marie-Amélie, conserveront le cloisonnement. Le mobilier est notamment composé d’un guéridon en frêne, à filets de citronnier et d’ébènes, exécuté par Félix Remond, d’une psyché en frêne de Maigret, datant de 1811, d’une toilette de dame en loupe de frêne à dessus de marbre blanc, livrée par le marchand de meubles Baudouin en 1809 et d’une chaise de toilette et frêne, couverte de maroquin lilas, exécutée par Alphonse Jacob-Desmalter en 1837. Le tableau représentant Saint Jean à Patmos, peint par Charles Le Brun, fait partie d’une série de quatre Évangélistes.

La Chambre de la Reine des Belges. Ancienne chambre et ancien cabinet de Louis XIV dans le Trianon de Porcelaine, en 1703, cette pièce sera réunifiée par Louis XV, qui en fera une salle à manger. Conservant cette affection sous l’Empire, l’emplacement sera transformé en salon sous Louis-Philippe, puis en une chambre destinée à sa fille, Louise, et à son époux, Léopold Ier, roi des Belges. Le lit et bois doré, exécuté par Jacob-Desmalter en 1809 pour la chambre de l’impératrice Joséphine au palais des Tuileries, sera modifié et agrandi pour cette pièce, en 1845. Il est garni d’un lampras de soie, retissé en 1965, identique à celui de 1845.

L’ensemble de sièges, comprenant canapés et fauteuils, sera livré par Jacob-Desmalter pour le grand salon de l’impératrice Joséphine au palais des Tuileries, en 1807. Les deux guéridons en ébène de 1838, avec incrustations de cuivre et d’étain gravées, sont l’oeuvre de Louis-Edouard Lemarchand. Les deux commodes et la console en marqueterie de Boulle seront exécutées en 1846 par l’ébéniste versaillais Masson pour cette pièce. Les six bras à cinq lumières en bronze doré, muni d’un plateau central pour une lampe de type carcel, proviennent des ateliers Chaumont et fils. Jean Blin de Fontenay est l’auteur de trois des six natures mortes accrochées aux murs de cette salle. Elle représentent un vase d’or, cuvette d’argent et vase de porphyre, ainsi que deux vases de lapis couverts. Antoine Monnoyer représentera les trois autres vases. Pendule Napoléon de 1811.

Pour l’anecdote, il est possible de mesurer la fréquentation de tout ce qui n’est pas à proprement parler « château de Versailles » par un simple cliché qui en dit long. Dans la Chambre de la Reine des Belges, nous étions moins d’un visiteur au mètre carré, preuve à l’appui.

La Chambre de la Reine des Belges, le parquet
La Chambre de la Reine des Belges, le parquet

Le Salon des Glaces dans l’aile sud avec vue sur le canal. Louis XIV y tenait conseil et l’Impératrice Marie-Louise, archiduchesse d’Autriche, petite nièce de Marie-Antoinette s’en servit de grand cabinet de 1810 à 1814. Le lustre fleurdelisé (réalisé par le bronzier Jean-François Chaumont et le lustrier Charles-Clément Baucacour à la Manufacture de Cristaux de Montcenis) date de 1817

Grand Trianon, Salon des Glaces, lustre fleurdelisé
Grand Trianon, Salon des Glaces, lustre fleurdelisé

Sur un guéridon au centre de la pièce est posée une horloge en bronze dorée, réalisée en 1823 par l’horloger Jean-Paul Chapuy-Lépine, et représentant une corbeille de fleurs soutenue par une coupe reposant sur quatre cariatides ailées tenant dans leurs mains fruits et guirlandes de fleurs. Acquise en 1827 par le Garde Meuble et envoyée à Trianon en 1851. Le temps y est marqué par un cadran tournant inclus dans le bord de la corbeille pour les minutes et la couronne de fleurs juste au dessus pour les heures.

Grand Trianon, Salon des Glaces, horloge de bronze
Grand Trianon, Salon des Glaces, horloge de bronze

Le Salon de la Chapelle. Il s’agit réellement d’une chapelle avec un autel en renfoncement au bout de la pièce et une porte qui se referme sitôt l’office terminé. Les portraits de Louis XV et de Marie Leszczynska par Jean-Baptiste Van Loo rappellent les séjours de la reine à Trianon

Le Péristyle ouvert entre cour et jardins permet de se rendre d’une aile à l’autre du palais à l’abri de grandes colonnades. En 1810, Napoléon fit vitrer le Péristyle des deux côtés pour faciliter la communication entre son appartement et celui de l’Impératrice. C’est dans le vestibule ainsi formé que le maréchal Bazaine fut jugé par un tribunal militaire, d’octobre à décembre 1873, suite à sa capitulation en tant que commandant en chef de l’armée Française dite du Rhin lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Les vitrages furent supprimés en 1910. Et si vous êtes observateur, vous en trouverez la trace…

Le Grand Appartement se trouve dans l’aile droite du Grand Trianon. Cette aile a par la suite été complétée par l’aménagement du Petit Appartement de l’Empereur et l’aile de Trianon-sous-Bois, création du général de Gaulle.

Le Salon Rond. Ce vestibule donnait accès au premier appartement que Louis XIV n’occupa que trois ans, de 1688 à 1691. Son décor de colonnes corinthiennes ainsi que son dallage de marbre et les tableaux qui l’ornent datent de cette période. À droite de la cheminée, un tambour de menuiserie dissimule l’escalier qu’empruntaient les musiciens pour accéder à la tribune qui donnait dans la pièce suivante, où avait lieu le souper du roi.

Le Salon de Musique. C’est l’ancienne antichambre du premier appartement de Louis XIV, où avait lieu le souper du roi. Les boiseries comptent parmi les plus anciennes du palais, et l’on remarque, au-dessus des portes, les volets des tribunes où prenaient place les musiciens qui jouaient pendant le repas. Napoléon fit de cette pièce le salon des Officiers, et Louis-Philippe, une salle de billard.

Les chaises recouvertes de tapisserie de Beauvais ont été exécutées pour cette salle ; le beau guéridon et la fontaine à thé ne sont entrés à Trianon que sous le Second Empire.

Les tableaux représentant Mars et Pallas proviennent de l’antichambre des Jeux et de la chambre du Sommeil.

Le Salon de Famille de Louis-Philippe. Ce grand salon fut créé par Louis-Philippe à partir de deux pièces existantes. Le roi et sa famille, qui aimaient séjourner à Trianon, se retrouvaient le soir dans cette pièce meublée dans l’esprit du temps : tables à jeu et à ouvrage, sièges et canapés capitonnés couverts de cannetille jaune à motif bleu. Vases de Sèvres et buste de l’Impératrice Marie-Louise, par Giacomo Spalla, sur la cheminée.

Le Salon des Malachites. C’est dans le grand salon de l’Empereur que l’on plaça les présents en malachite, pierre dure (malachites de Sibérie), offerts à Napoléon par le tsar Alexandre Ier en 1808 après le traité de Tilsit. Les meubles comprennent un canapé, quatre fauteuils, six chaises, dix-huit pliants, deux tabourets de pieds et un écran, livrés par le tapissier Darrac en 1810. Les bois, de Jacob-Desmalter, sont recouverts d’un damas à décor de feuilles de chêne et d’une bordure de brocart de la maison Pernon, retissé à Lyon en 1965. Le lustre de Ladouepe du Fougerais sera livré en 1810.

Grand Trianon, Salon des Malachites
Grand Trianon, Salon des Malachites

Parmi les tableaux accrochés aux murs, une oeuvre de François Marot, Vénus et Vulcain, où Vénus ordonne à Vulcain de faire des armes pour Énée.

Grand Trianon, Salon des Malachites
Grand Trianon, Salon des Malachites

Ainsi qu’un Apollon et Thétys, peint par Charles de la Fosse, spécifiquement pour cette pièce en 1688.

Grand Trianon, Salon des Malachites

Le Salon Frais. Il doit son nom à son exposition au nord. Il servit de cabinet du Conseil à Napoléon, et Charles X y prit congé de ses ministres, le 31 juillet 1830. Les magnifiques boiseries, sculptées de cassolette et guirlandes de fleurs, datent de Louis XIV ainsi que les tableaux : sur la cheminée, Flore et Zéphyr par Jean Jouvenet qui a peint également les dessus-de-porte représentant le Printemps et l’Hiver ; entre les fenêtres, Vertumne et Pomone par Nicolas Bertin ; et, sur les murs latéraux, quatre Vues de Versailles par Jean-Baptiste Martin. Le mobilier date du Premier Empire : meubles « serre-papiers », par Jacob-Desmalter, régulateur par Lepaute, baromètre-thermomètre par Bailly et sièges recouverts en tapisserie de Beauvais.

La Galerie des Cotelle. Judicieusement édifiée pour abriter les parterres de Trianon des rigueurs de l’hiver, cette galerie compte onze portes fenêtres du côté du midi, et cinq fenêtres seulement du côté du nord. Et comme « c’est pas Versailles ici ! », n’oubliez pas d’éteindre la lumière en sortant…

Elle est ornée de vingt-quatre tableaux, dont vingt-et-un dus à Jean Cotelle, d’où son nom, qui représentent les bosquets de Versailles et de Trianon à l’époque où ils furent commandés, en 1687. C’est un précieux témoignage sur les jardins tels qu’ils étaient au XVIIe siècle. Les niches abritaient à l’origine des canapés, Louis-Philippe y fit placer les deux rafraîchissoirs en marbre du Languedoc provenant des buffets de Louis XIV.

Grand Trianon La Galerie des Cotelle
Grand Trianon La Galerie des Cotelle

« Vue du bosquet de la Colonnade avec Apollon servi par les nymphes » comme les vingt et un autres tableaux attribués à Cotelle, connut une vie tumultueuse. Commandés probablement dès 1687 et terminés entre 1689-1691 pour la collection de Louis XIV, ils furent accrochés au plus tard en 1693 ; puis décrochés, avec les autres tableaux de la galerie, sur ordre de Napoléon Ier pour être remplacés par « de très beaux tableaux » en 1809. Ils sont alors envoyés au musée Napoléon au Louvre. Finalement, ils seront présentés dans les Galeries historiques de Versailles sous Louis-Philippe, puis mentionnés dans la Salle des résidences royales au sein de l’inventaire de 1850 . Ils réintègrent la galerie de Trianon à la suite de sa restauration en 1913 et se retrouvent exposés dans la Galerie des Cotelle, le 20 juillet 1965.

C’est gentil d’avoir pensé à éteindre la lumière. D’ailleurs, vous venez d’éteindre l’un des cinq lustres à vingt-quatre lumières, en bronze doré, exécutés par Ladouèpe du Fougerais, cristallerie du Montcenis, et livrés pour cette galerie, en 1810, qui s’étend sur 52 mètres de longueur et 7 mètres de large.

Le Grand Trianon la Galerie des Cotelle
Le Grand Trianon la Galerie des Cotelle

Le Salon des Jardins. À l’extrémité de la galerie des Cotelle, le salon des Jardins ouvre sur la salle des Marronniers de Trianon et, au-delà du parterre haut, sur le bras transversal du Grand Canal. Sous Louis XIV, il offrait en son centre un jeu de portique qui fit place, par la suite, à un billard.

Le Petit Appartement de l’Empereur et l’antichambre. Composé de cinq pièces, dont les portes fenêtres ouvrent sur l’ancien jardin du Roi, il a été formé par la réunion d’une partie de l’ancien appartement de Madame de Maintenon et du Petit Appartement aménagé en 1750 pour Louis XV. Napoléon l’occupa pour la première fois en décembre 1809, dans les jours qui suivirent son divorce d’avec Joséphine. Sous Louis-Philippe, il était habité par les filles cadettes du Roi, les princesses Marie et Clémentine.

Le Cabinet Topographique de l’Empereur. À l’origine, ce cabinet ouvrait sur le bosquet des Sources, un petit bois parcouru de ruisseaux qui serpentaient à travers les arbres, dernière création de Le Nôtre, disparu sous Louis XVI. Il conduisait alors à l’appartement de Mme de Maintenon, et dans ses boiseries datant de 1713 ont été encastrées les vues des jardins de Versailles où est représenté Louis XIV âgé, se promenant en roulette. En 1810, Napoléon fit de cette pièce son cabinet topographique et utilisa l’enfilade voisine comme petit appartement.

Et c’est alors que le jardin nous appela, juste après la Galerie des Cotelle, nous privant du Petit Appartement de l’Empereur, du Cabinet Particulier, de la Salle de Bains, de la Chambre de l’Empereur, du Salon du Déjeun, de la Chapelle et de l’Aile de Trianon-sous-Bois réaménagée par de Gaulle, fermées à la visite ponctuellement ou déviées de notre flânerie touristique. Et comme il faisait beau et comme le jardin était magnifique et comme le Petit Trianon et le Hameau de la Reine nous attendaient et comme…je ne sais plus trop, il nous faudra revenir couper les ailes au Grand Trianon par la visite et non par l’ellipse!

LE GRAND TRIANON, Domaine du Château de Versailles, 78000 VERSAILLES

Toutes les images ou vidéos qui ne sont pas de ma production vous emmènent directement vers leur site hébergeur par simple clic. Une occasion supplémentaire d’être curieux et d’en apprendre bien davantage sur le sujet traité ici!

Je remercie châteauversailles.fr qui m’a beaucoup aidé dans la mise en valeur de mes captations images et vidéos, grâce aux différentes présentations du site que je vous invite à rejoindre pour plus d’information :

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