La Galerie des Carrosses du château de Versailles

La Galerie des Carrosses

A pied, à cheval, en voiture

Au sein de la Grande Écurie, la visite de la Galerie des Carrosses permet d’admirer le plus grand chantier royal jamais entrepris pour loger des chevaux. Carrosses majestueux ou petites voitures des enfants de Marie-Antoinette, chaises à porteurs ou traîneaux formant un bestiaire étrange et merveilleux : la découverte de ces œuvres constitue un témoignage exceptionnel de la vie de Cour et des fastes sous l’Ancien Régime, l’Empire et la Restauration.

Érigés par Hardouain-Mansart entre 1679 et 1682, les bâtiments de la Grande Écurie et de la Petite Écurie sont identiques, leur dénomination ne tenant pas de leurs dimensions mais de leur affectation sous l’Ancien Régime. Au nord, la Grande Écurie, sous l’autorité du Grand Écuyer de France, appelé « Monsieur le Grand », a la charge des chevaux de main, parfaitement dressés pour la chasse et la guerre. Les voitures ainsi que les véhicules de fantaisie, traîneaux et gondoles étaient sous l’Ancien Régime à la Petite Écurie dirigée par le Premier Écuyer, appelé « Monsieur le Premier », qui avait aussi le soin des chevaux d’attelage et des montures servant à l’ordinaire.

La Galerie des Carrosses se situe au rez-de-chaussée de la Grande Écurie. Elle est constitué de deux galeries voûtées permettant un important redéploiement des collections sur près de 1 000 m2.

La collection des carrosses de Versailles ne comprend pas de véhicules de voyage mais se compose uniquement de grandes berlines de cérémonie. Ainsi, chaque voiture raconte une page de l’Histoire de France à travers un événement dynastique ou politique.

Le mariage de Napoléon Ier. Pour une fois, nous disposons d’une « photo » d’époque grâce au tableau d’Etienne-Barthélémy Garnier et de son « Cortège du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise » (1810) certifié fidèle à la réalité par des témoins de son époque.

Après avoir répudié Joséphine de Beauharnais, coupable de ne pas lui avoir donné d’enfant, Napoléon se remarie seulement un mois plus tard à Marie-Louise d’Autriche, et commande… 40 berlines pour la cérémonie. Car les Bourbons n’en avaient que 30. Il faut que tous les corps de métier s’adaptent et fassent très vite. La Turquoise et la Cornaline — les berlines portent toujours des noms de pierres précieuses — sont exposées ici. Elles ont descendu les Champs-Elysées jusqu’au jardin des Tuileries, le 2 avril 1810, pour ce second mariage de l’Empereur.

Le baptême du duc de Bordeaux en 1821. En 1820 le duc de Berry, fils du futur Charles X et seul susceptible de donner un héritier à la dynastie des Bourbons, est assassiné. La France royaliste est ébranlée. Aussi, la naissance posthume du duc de Bordeaux provoque une immense ferveur populaire et, le 1er mai 1821, Louis XVIII donne au baptême de l’enfant un faste extraordinaire. La berline, la plus riche qui existe alors, est ornée d’une ceinture de bronze ciselé et doré d’une finesse admirable et, à l’intérieur, d’un ciel d’impériale brodé de soie, d’or et de clinquants par les demoiselles de la Légion d’Honneur.

Les funérailles de Louis XVIII se déroulent en 1824. Le char funéraire a été entièrement restauré grâce au mécénat des Pompes Funèbres Générales, cela ne saurait s’inventer!

Quand Louis XVIII est installé à l’intérieur, ce n’est déjà pas une première main, puisque le corbillard équestre a déjà servi, mais il s’agit de redorer le blason de la dynastie…

La Galerie des Carrosses du château de Versailles Obsèques de Louis XVIII
La Galerie des Carrosses du château de Versailles Obsèques de Louis XVIII

En effet, le corbillard est une occasion récente, puisque le maréchal de Lannes y est passé en 1809 et que le duc de Berry y séjournera tout aussi furtivement en 1820. C’est une pièce exceptionnelle au plan historique! Après Louis XVIII, on remettra le couvert pour le duc d’Orléans (1842), le frère de Bonaparte, Jérôme, en 1860, le président Sadi Carnot en 1894 et la dernière sortie, en grande pompe bien entendu, ce sera pour ce brave Félix Faure ! Maintenant vous pouvez jouer au jeu des dix erreurs et réviser un épisode de l’histoire de France dans le Figaro:

Conçus pour frapper les esprits, ces carrosses sont des œuvres d’art total. D’un luxe ostentatoire, ornés à profusion d’ors et de sculptures, réunion éblouissante de tous les arts décoratifs, ils ont été réalisés par les meilleurs artistes et artisans : architectes, menuisiers, sculpteurs, peintres, bronziers, doreurs, tapissiers, brodeurs, etc. Le carrosse du Corps, destiné à montrer le souverain, et les nombreux carrosses de suite roulent au pas, environ 3 km/h. Il faut aujourd’hui s’imaginer la splendeur de ces grandes cavalcades au milieu d’une foule en liesse, ces cortèges réunissant une quarantaine de voitures recouvertes d’or et aux dimensions impressionnantes, la beauté des centaines de chevaux empanachés et le grondement des sabots sur les pavés.

Charles X se fait sacrer roi de France dans la cathédrale de Reims, renouant ainsi avec la tradition de ses ancêtres. Louis XVIII, son frère et prédécesseur sur le trône, avait intelligemment jugé préférable d’éviter cette cérémonie rituelle en cette période post-Révolution et post-Empire. Le nouveau souverain, qui rêve d’un retour à l’Ancien Régime, veut quant à lui la vivre en grande pompe. Et pour cela il lui faut notamment un fabuleux carrosse. Celui-ci sera réalisé en moins de six mois, à partir d’un châssis construit sous Louis XVIII.

Le 28 mai 1825, Charles X prend place dans ce carrosse, garni de velours de soie cramoisie orné de broderies et de passementerie en fils d’or, pour entrer dans la ville de Reims. Tiré par huit chevaux somptueusement harnachés, ce véhicule richement sculpté et entièrement doré –même son dessous de caisse l’est- n’est pas seulement fastueux. Il est aussi très moderne pour l’époque tant par sa suspension que par l’angle de braquage de ses roues. Le souverain s’y réinstalle le lendemain, 29 mai, pour se rendre en cortège jusqu’à la cathédrale Notre-Dame où il est sacré. Il le réutilise une troisième fois le 6 juin de cette même année pour entrer dans Paris.

Ce superbe carrosse effectuera sa dernière sortie en 1856. Napoléon III le choisit pour le baptême de son fils le Prince impérial. En ayant pris soin au préalable de remplacer les insignes royaux –fleurs de lys notamment- par les aigles et autres emblèmes impériaux.

Galerie des Carrosses du château de Versailles, sacre de Charles X
Galerie des Carrosses du château de Versailles, sacre de Charles X

La visite de la galerie des Carrosses propose également un film retraçant l’histoire de l’hippomobile depuis le règne de Louis XIV, car au-delà de leur qualité artistique, ces voitures révèlent les dernières avancées de la carrosserie française en matière d’élégance, de confort et de technique. N’hésitez pas à visiter l’intérieur de ces somptueux carrosses via les écrans placés dans la galerie en interaction.

Visitez l’intérieur des carrosses !

Les luges méritent également le détour !

Cette collection, l’une des plus importantes d’Europe, est réunie par le roi Louis-Philippe en 1831, au moment où il transforme le Château royal en musée dédié « À toutes les gloires de la France ». À la liquidation de la liste civile de Charles X – les carrosses appartiennent au roi et non à la Couronne –, Louis-Philippe acquiert dix voitures de cérémonie présentant un intérêt historique, avec de splendides harnais garnis de bronze doré. C’est ainsi qu’arrivent à la Petite Écurie les berlines impériales et royales et, deux ans plus tard, le char funèbre de Louis XVIII. Le roi demande alors à l’architecte Charles-Auguste Questel de créer à Trianon un bâtiment destiné à accueillir les voitures. Par des dépôts du Garde-Meuble royal puis du Mobilier national, chaises à porteurs et traîneaux de fantaisie rejoignent les collections en 1851, lorsque le premier musée des Voitures de Trianon ouvre ses portes au public.

En 1978, la collection est rapatriée à la Grande Écurie et le bâtiment Questel détruit. En 1997, le musée des Carrosses de Versailles ouvre au public, un musée agrandi et redéployé en 2016 dans deux galeries de la Grande Écurie, riches d’histoire(s) également. A noter que le mécénat au château de Versailles n’est pas simplement une stratégie de financement, chaque mécène donne du sens à son action. Quel meilleur sponsor que Michelin pour rénover une galerie de carrosses?

Et pour en savoir plus et beaucoup plus, voici le lien du dépliant de la Galerie des Carrosses disponible sur le site du château de Versailles. Et pourquoi pas se dégourdir les jambes au Hameau de la Reine ? Deux jours, je vous l’ai dit!

GALERIE DES CARROSSES du Domaine du château de Versailles, 1 rue Rockefeller 78000 VERSAILLES

Toutes les images ou vidéos qui ne sont pas de ma production vous emmènent directement vers leur site hébergeur par simple clic. Une occasion supplémentaire d’être curieux et d’en apprendre bien davantage sur le sujet traité ici!

Je remercie châteauversailles.fr qui m’a beaucoup aidé dans la mise en valeur de mes captations images et vidéos, grâce aux différentes présentations du site que je vous invite à rejoindre pour plus d’information :

http://www.chateauversailles.fr/
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