La Cour de Marbre du château de Versailles

Le château de Versailles

A Toutes les Gloires de France

8 millions de visiteurs par an et un pass de deux jours; on se dit quand même que là, vraiment, on s’attaque à un morceau. Et même si certaines galeries sont fermées ou que d’autres auraient mérité bien plus d’attention, Versailles reste le monument à voir en l’honneur de « Toutes les Gloires de France »!

Ici, ce n’est pas Wikipédia, mais il est difficile d’aborder ce morceau du patrimoine sans faire un brin d’histoire et une visite désorganisée sur ce site où le désordre règne en maître. Je vous avais prévenu par ailleurs sur l’organisation de ces deux journées ! A Versailles, ils vous font même des plans en 3D pour essayer de simplifier le mystère et des vidéos, où chacun passe rapidement sans trop s’attarder sur les détails.

L’histoire de Versailles remonte à l’an mille, mais nous sautons très rapidement cinq cents ans, car Catherine de Médicis conspire pour que son favori italien, Albert de Gondi, comte de Retz, devienne propriétaire de la seigneurie et de son château. En 1589, un premier roi y séjourne au cours d’une halte, Henri IV. Les choses sérieuses commencent avec Louis XIII qui aménage son pied-à-terre et vous pouvez toujours le visiter puisqu’il est devant la Cour de Marbre ! Nous voilà déjà en 1601, 600 ans d’Histoire pliés en un paragraphe, je suis bon pour faire des fiches de révision au bac, moi!

La Cour de Marbre du château de Versailles
La Cour de Marbre du château de Versailles

Nous faisons un bond direct en 1630, puisque c’est dans ce château que se déroulera la journée de Dupes, où Richelieu, regagnant la confiance du roi, obtiendra l’exil de la reine-mère.

En 1643, Louis XIII expire sur les fondations du second château et confie le palais à Louis XIV qui, trop jeune, voit sa mère Anne d’Autriche le délaisser durant près de dix-huit ans. La première rencontre du roi Soleil avec le domaine remonte à une fuite d’une épidémie de vérole, en compagnie de son frère, qui décime Saint-Germain-en-Laye. Par la suite, le monarque prend plaisir à y chasser sur le domaine et c’est à la mort de Mazarin qu’il prend deux décisions d’ampleur : se passer de premier ministre désormais et aménager les jardins du château.

Château de Versailles, aile Nord, Jules Mazarin, XVIIe
Château de Versailles, aile Nord, Jules Mazarin, XVIIe

André Le Nôtre (Maratta, 1681). Le portrait a été peint lors du séjour d’André le Nôtre en Italie, en 1679 (au cours duquel il aurait embrassé le pape Innocent XI). Le portraitiste, Carlo Maratta, qui était alors considéré comme le meilleur peintre italien, a insisté sur l’expression du visage et le geste de la main gauche. Le fond est partiellement ouvert selon le type traditionnel vénitien. Le Nôtre a fait ajouter dans la peinture, sous le collet de dentelle, le cordon de l’ordre de Saint-Lazare que Louis XIV lui attribua en 1681. En 1693, Le Nôtre dut renoncer à cet ordre qui était réformé et reçut en compensation l’ordre de Saint-Michel.

En 1661, avec le mariage annoncé de Monsieur, frère du roi, et la naissance toute aussi annoncée du Dauphin, il est urgent de repenser tous les appartements du château. Tout ceci est parfaitement expliqué dans les premières salles de visites.

En 1665, la surface du château a triplé de volume et les jardins sont en ébauche. Là où Saint-Simon ne voyait que marécages ou terres sans eau, les ouvriers souffrant de paludisme et de fièvres diverses, un magnifique jardin commence à poindre et le soleil devient l’emblème du palais, car la Cour désormais se déplace à Versailles, dont la vocation première liée aux divertissements du roi semble évoluer.

Château de Versailles, jardins
Château de Versailles, jardins

Les agrandissements les plus spectaculaires sont en effet dus aux soirs de première, dont le George Dandin de Molière, où le roi déplore de ne pouvoir y faire dormir tous ses courtisans venus en nombre. Jean de la Fontaine ( Rigaud, XVIIe), et Jean-Baptiste Poquelin dit Molière (XVII).

Château de Versailles, Jean de la Fontaine et Jean-Baptiste Poquelin dit Molière
Château de Versailles, Jean de la Fontaine et Jean-Baptiste Poquelin dit Molière

1672, nous y sommes : le premier étage est dévolu aux grands appartements de la Reine et du Roi et toute une série d’autres appartements est affectée à la famille royale sous le regard attentif de Colbert qui confie l’ensemble architectural aux bons soins de François II d’Orbay après la mort de Louis le Vau qui reste l’artisan principal de ces transformations. François Michel Le Tellier de Louvois prendra lui-même la suite de Colbert et mourra d’un infarctus dans le château, à l’âge de 50 ans.

Château de Versailles, Vue du château de Versailles, du côté des jardins en 1675
Château de Versailles, Vue du château de Versailles, du côté des jardins en 1675
Château de Versailles,Fragment d'un des huit trophées d'armes réalisés pour garnir l'intérieur des pavillons du bosquet des Dômes, dans les jardins de Versailles ; déposé au moment de la destruction des pavillons en 1819-1820
Château de Versailles,Fragment d’un des huit trophées d’armes réalisés pour garnir l’intérieur des pavillons du bosquet des Dômes, dans les jardins de Versailles ; déposé au moment de la destruction des pavillons en 1819-1820

Dans l’aile Nord, cette effigie de Louis XIV est un hommage au mécène idéal, protecteur des arts et des sciences qui sont des sources de richesses pour son royaume. Le roi est représenté ici en homme de guerre portant une cuirasse fleurdelisée et entouré par les arts, illustrés par divers instruments de musique (basse de viole, violon, guitare, musette de cour, etc.), et par le plan de la Maison carrée de Nîmes. Le protecteur des sciences, enfin, est évoqué par le globe céleste où l’on distingue les constellations du zodiaque, par les livres savants et par les différents instruments scientifiques. Louis XIV avait d’ailleurs créé l’Académie royale des sciences et l’Observatoire de Paris, respectivement en 1666 et en 1667, avec le soutien de Colbert, son contrôleur général des Finances.

Château de Versailles, aile Nord, Jean Garnier 1672 Louis XIV parmi les attributs des arts et des sciences
Château de Versailles, aile Nord, Jean Garnier 1672 Louis XIV parmi les attributs des arts et des sciences

Jean-Baptiste Colbert (De Troy, 1701), marquis de Torcy, fut secrétaire d’État des Affaires étrangères en survivance de son père Croissy en 1689, et le remplaça dans cette charge de 1696 à 1715. Il porte ici le grand costume de l’ordre du Saint-Esprit, dont il fut grand trésorier de 1697 à 1701 et chancelier de 1701 à 1716.

Château de Versailles, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy
Château de Versailles, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy

D’ailleurs, si vous avez l’âme d’un Rockefeller, c’est le moment de participer au mécénat! Une statue rénovée avec une plaque à votre nom, ça vous dit? Ce serait mieux qu’une plaque d’égout à Versailles, non? 12 000 € le bout et vous entrez dans la postérité! Rien ne vous empêche de faire réaliser une copie, mais ce sera 45 000€. Sinon, vous avez aussi la boutique de Marbre, mais la médaille souvenir ne sera pas à votre nom. Il en faut pour tous les budgets 🙂

Jérôme Phélypeaux, comte de Monchartrain (Tournières). Le livre ouvert montre Neptune sur son char, allusion aux fonctions de secrétaire d’État de la Marine exercées par Jérôme. Il arbore les insignes de l’ordre du Saint-Esprit, dont il fut nommé prévôt-maître des cérémonies en 1709. Edouard Colbert, marquis de Villacerf (Mignard 1693) et Henri-François d’Aguesseau (Rigaud).

Château de Versailles, Aile Nord, Phélypeaux (Tournières) Colbert (Mignard),D'Aguesseau (Rigaud)
Château de Versailles, Aile Nord, Phélypeaux (Tournières) Colbert (Mignard),D’Aguesseau (Rigaud)

1717, Charlotte de La Mothe-Houdancourt, duchesse de Ventadour, acquisition chez Christie’s en 2015

Château de Versailles, aile Nord, 1717, Charlotte de La Mothe-Houdancourt, duchesse de Ventadour
Château de Versailles, aile Nord, 1717, Charlotte de La Mothe-Houdancourt, duchesse de Ventadour

Bibliothèque et Bourses de jeu, XVIII, donation de 1975

Château de Versailles, aile Nord, Bibliothèque et Bourses de jeu, XVIII, donation de 1975
Château de Versailles, aile Nord, Bibliothèque et Bourses de jeu, XVIII, donation de 1975

Anne d’Autriche et Marie-Thérèse d’Autriche, reines de France (Renard de Saint-André, 1664). À gauche de la composition, la reine mère, costumée en Minerve, pose la main sur un casque, tandis que le bouclier à tête de Gorgone est posé à côté d’elle : le motif du soleil, qui orne son armure, indique quel a été son dessein dans la poursuite de la guerre contre son frère le roi d’Espagne. À droite, la nouvelle reine, vêtue d’un manteau brodé de fleurs de lis (ne vous précipitez pas vers votre Robert, ça vient de Lilium et les deux sont admis, lys ou lis), tient un rameau d’olivier, symbole de la paix. Les raisins et les grenades accumulés à côté d’elle signifient l’abondance et l’unité retrouvées après la guerre. Le peintre souligne la ressemblance entre Anne d’Autriche et sa nièce, remarquée par tous les contemporains.

Château de Versailles, aile Nord, Anne d'Autriche et Marie-Thérèse d'Autriche, reines de France
Château de Versailles, aile Nord, Anne d’Autriche et Marie-Thérèse d’Autriche, reines de France

Les portraits de gauche à droite et de haut en bas de Antoine Coypel (Autoportrait, 1715 ),Hyacinthe Rigaud (Lebouteux XVIIIe), Nicolas Coustou (Le Gros, 1722), Guillaume Ier Coustou (Delyen XVIIIe), Samuel Bernard (Elle Le Jeune, XVIIe), François Girardon (D’Agar, 1687), Antoine Coysevox (Allou, 1711), Corneille Van Clève (Gobert, 1701)

Château de Versailles
Château de Versailles

Louis XIV tenant le plan de la maison royale de Saint-Cyr (Jollain, XVIIIe). Le roi, en costume de sacre, est ici portraituré en fondateur de Saint-Cyr, dont il désigne les plans tracés par Hardouin-Mansart, dont vous entendrez parler aussi au Grand Trianon. La première pierre de la maison d’éducation avait été posée le 25 avril 1685 et le roi avait signé les lettres patentes instituant la « communauté Saint-Louis de Saint-Cyr » le 2 juin 1686 : les dames faisaient vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et celui de se consacrer à l’éducation des demoiselles ; ces dernières, au nombre de 250, devaient séjourner à Saint-Cyr de sept ans jusqu’à vingt. Au sortir de la maison, elles seraient mariées à de jeunes gentilshommes ou entreraient au couvent. Avec un destin aussi glam’, Loulou a largement contribué aux origines de Meetic, puisque le principe reste le même 330 ans plus tard : tu entres dans une communauté, où tu ne sais jamais à qui t’as à faire. L’inauguration de la nouvelle maison eut lieu le 2 août 1686.

Le Grand Condé, Louis II de Bourbon ( XVIIe).

Aile Nord, Louis XIV (Girardon). Probablement une réduction de la statue que le maréchal de Boufflers avait commandée à Girardon pour son château de Clagny, et qui fut achevée en 1694 (statue détruite à la Révolution). Entrée au musée en 1834.

Château de Versailles, aile Nord, Louis XIV (Girardon)
Château de Versailles, aile Nord, Louis XIV (Girardon)
Château de Versailles
Château de Versailles

Frère Philippe copiant le portrait du chancelier Etienne Pasquier dans la salle de Constantine du château de Versailles.

Château de Versailles, Frère Philippe copiant le portrait du chancelier Etienne Pasquier dans la salle de Constantine du château de Versailles (XIXe)
Château de Versailles, Frère Philippe copiant le portrait du chancelier Etienne Pasquier dans la salle de Constantine du château de Versailles (XIXe)

La Chambre du Roi. Louis XIV réaménage son appartement à plusieurs reprises. La transformation majeure intervient en 1701, au moment où la chambre du souverain est installée à son emplacement actuel, au centre de la façade de la cour de Marbre. La Chambre du Roi.

En 1684, la Galerie des Glaces s’édifie sur l’ancienne terrasse placée à l’ouest du château et ses Salons jumeaux (Salon de Guerre et Salon de Paix) viennent compléter l’ensemble qui s’enrichit encore des ailes nord et sud tandis que Lebrun s’affaire à la décoration des grands appartements. Ce tableau est un témoin important de l’état des travaux de Louis XIV au château au début du XVIIIe siècle. De nouvelles constructions rendent compte de l’aspect du château à cette époque. Pierre-Denis Martin avait peut-être cherché à célébrer le retour de Louis XV et de la cour, à Versailles en 1722, sept années après l’avoir quitté suite à la mort de Louis XIV en 1715

Château de Versailles, Promenade de Louis XIV en vue du Parterre du Nord, vers 1688 (Allegrain, XVIIe)
Château de Versailles, Promenade de Louis XIV en vue du Parterre du Nord, vers 1688 (Allegrain, XVIIe)

Le Salon de Guerre. Louis XIV à cheval couronné par la Victoire. Vraisemblablement d’après un projet de Le Brun, Coysevox réalisa avant la fin de 1682 les stucs de la cheminée du salon de la Guerre et du grand médaillon qui la surmonte. L’ouverture de la cheminée fut garnie d’un relief représentant. Pour l’anecdote, Coysevox est le sculpteur préféré de Hardouin-Mansart. C’est un artiste libre…qui n’a jamais mis les pieds en Italie et à qui l’on doit des marbres antiques tels la Vénus de Médicis, la Vénus accroupie, la Nymphe à la coquille ou Castor et Pollux. Et commençons par Vespasien dont on ne connaît pas le sculpteur ( XVIe s).

La Galerie des Glaces. La Galerie des Glaces (73 mètres de long sur 10 mètres 50 de large), où le Roi de Prusse fut proclamé Empereur d’Allemagne le 18 Janvier 1871. Les Alliés y consacrent sa déchéance par la signature du Traité de Paix le 28 Juin 1919. La suite, nous la connaissons…

Le Salon de la paix. Louis XV commande en 1728 à François Lemoyne un grand portrait allégorique pour faire pendant, dans le Salon de Paix, au bas-relief en stuc de Coysevox représentant Louis XIV placé dans le Salon de Guerre. Le jeune roi tend un rameau d’olivier, symbole de paix, à une allégorie de l’Europe. Il s’agit d’une rare représentation de Louis XV en empereur romain, à l’imitation de Louis XIV peint par Le Brun sur la voûte de la galerie voisine

Sous l’influence de Madame de Maintenon, la chapelle actuelle voit le jour. Le chantier de la Chapelle royale durera de 1689 à 1710. Chaque jour, généralement le matin à 10h, la cour assistait à la messe du roi. Aujourd’hui, chaque jeudi, un orchestre permet aux visiteurs de découvrir un pan du répertoire européen des XVIIe et XVIIIe siècles. La Chapelle royale est accessible en visites guidées.

En 1715, Louis XIV célèbre sa dernière grande réception dans la Galerie des Glaces. Il s’agit de la réception de l’ambassadeur de Perse qui explique notamment le contexte historique dans lequel Montesquieu éditera ses Lettres Persanes , en 1721, à Amsterdam. Montesquieu n’entrera pas au Panthéon.

Sous la régence de Louis XV, le bâtiment se dégrade et certains proposent même de le raser, car Philippe d’Orléans, le Régent, déplace la Cour au Palais-Royal, aux Tuileries ou à Vincennes. En 1729, Louis XV a repris du poil de la bête et la décoration des Grands appartements de la Reine est repensée, et le bassin de Neptune, le salon d’hercule et l’opéra royal sont créés.

Opéra royal du château de Versailles
Opéra royal du château de Versailles

La chambre de la Reine… qui emprunta cette petite porte pour s’enfuir en 1789.

Le Salon des Nobles, l’Antichambre du grand Couvert, la Salle des Gardes.

Pour décorer ce nouveau salon d’Hercule, on y plaça en 1712 le monumental tableau de Véronèse, Le Repas chez Simon le Pharisien, offert par le Doge de Venise à Louis XIV afin d’apporter son soutien contre les turcs. L’architecte Nepveu est l’artisan de ce dernier salon des Grands appartements.

Château de Versailles, aile Nord, Frédéric Nepveu (XIXe)
Château de Versailles, aile Nord, Frédéric Nepveu (XIXe)

Ange-Jacques Gabriel est l’architecte des agrandissements nécessaires. Désigné en 1742, il doit faire face à la vigueur royale puisque la reine met au monde huit princesses qui doivent chacune jouir d’appartements de rang. En 1768, il termine le Petit Trianon. Madame de Pompadour met une grande énergie pour ce « grand projet » que Madame Du Barry contribue largement à financer, tandis que Louis XV éreinte considérablement la construction du Roi Soleil, le Dauphin Louis XVI se marie dans la chapelle en 1770, et l’inauguration de l’opéra royal, à l’occasion du festin royal, marque l’apogée artistique de Gabriel.

Le Petit Trianon
Le Petit Trianon

Louis XV est un roi méconnu. Timide et secret, lui-même a entretenu le mystère autour de sa personne. Sous son règne, la plupart des écrits le concernant ont été des pamphlets d’une rare violence, qui ont transmis jusqu’à récemment une image faussée : un roi esclave de ses plaisirs, indifférent au bien commun et au bonheur de ses sujets, et enfin incompétent. Or, ce fut au contraire un roi tourmenté par sa conscience chrétienne ; il apporta à son pays une ère de paix et de prospérité sans précédent, et s’impliqua de façon continue dans les affaires du gouvernement. Comme son arrière-grand-père Louis XIV, Louis XV avait également à cœur de protéger les manufactures et les artistes français.

Château de Versailles, Louis XV
Château de Versailles, Louis XV

Zou ! 1785, alors que les fonds manquent cruellement pour l’entretien du château et que les commodités comme les cabinets de toilettes tardent à équiper le palais, alors qu’ils commencent à apparaître ailleurs, ce dont Marie-Antoinette n’a que faire puisqu’elle équipe à grands frais le Petit Trianon, créant par là-même une énorme impopularité de la Cour, le roi fait arrêter son grand aumônier de Rohan dans la Galerie des Glaces, c’est l’affaire dite du Collier de la Reine. Versailles, c’est l’avènement des Bourbons, mais également leur chute : en 1789, se tiennent au palais les Etats Généraux.

Petit Trianon, évocation du Cabinet de toilette de Marie-Louise
Petit Trianon, évocation du Cabinet de toilette de Marie-Louise

« Tâchez de me sauver mon Versailles », s’exclamera Louis XVI et on peut dire qu’il sera entendu et pas seulement par la Garde nationale et les Gardes Suisses en charge de surveiller le château. De la Convention au Directoire et du Consulat à l’Empire, Versailles fit l’objet d’un sauve-qui-peut mobilier parfaitement conduit, entre le Louvre, l’Hôtel de la Marine et les enchères, Versailles n’est pas le bâtiment le plus pillé ou dégradé, hormis les fleurs de Lys et autres insignes royaux.

Grille de la Cour d'Honneur du château de Versailles 1
Grille de la Cour d’Honneur du château de Versailles 1

Séjournant au Grand Trianon, Napoléon 1er s’y voit un temps et lance même des appels à projets pour y faire construire un palais pour son fils, mais le grand palais de l’Empire ne verra pas le jour à Versailles, car l’histoire fait la part belle au retour de la monarchie en 1814, la Restauration.

Grands Appartements Salle de 1792. Lustre d’une série entrée à Versailles en 1838 pour  » la galerie de Louis XIV (statues) » avec cinq lustres dans le vestibule de l’Escalier de marbre en 1840 et 1855. Au XXe siècle trois lustres sont placés dans les salles des Croisades et deux dans la salle de 1792.

Louis XVIII y fait sa résidence d’été et mène des travaux d’entretien bien nécessaires, tandis qu’on doit à Louis-Philippe Ier la mention sur le fronton de l’aile Gabriel : « A toutes les gloires de France »; le projet est alors de transformer le château en musée de la France.

Grille de la Cour d'Honneur du château de Versailles
Grille de la Cour d’Honneur du château de Versailles

Le roi Louis-Philippe entouré de ses cinq fils sortant par la grille d’honneur du château de Versailles après avoir passé une revue militaire dans les cours, 10 juin 1837 (Vernet, 1846). Le roi est présenté au milieu de ses fils, caracolant, devant les grilles du château de Versailles, dont on aperçoit à gauche le pavillon Gabriel, portant l’inscription dédicatoire du musée historique,  » A Toutes les Gloires de la France « . Au fond, la statue équestre de Louis XIV, de Cartellier et Petitot, installée à la demande de Louis-Philippe (et déplacée récemment) évoque le fondateur de Versailles et l’ancêtre des princes présents. A la droite du roi, se tiennent son fils aîné et héritier, Ferdinand-Philippe (1810-1842), duc d’Orléans, puis François (1818-1900), prince de Joinville, officier dans la Marine, et derrière eux, le plus jeune, Antoine (1824-1890), duc de Montpensier. A la gauche du souverain, son fils cadet, Louis (1814-1896), duc de Nemours, puis Henri (1822-1897), duc d’Aumale, auréolé du prestige de la prise de la Smalah d’Abd el-Kader.

Château de Versailles, aile Nord, Le roi Louis-Philippe entouré de ses cinq fils sortant par la grille d'honneur du château de Versailles après avoir passé une revue militaire dans les cours, 10 juin 1837
Château de Versailles, aile Nord, Le roi Louis-Philippe entouré de ses cinq fils sortant par la grille d’honneur du château de Versailles après avoir passé une revue militaire dans les cours, 10 juin 1837
Château de Versailles, Louis-Philippe visitant la galerie des Batailles, 1837 (Heim)
Château de Versailles, Louis-Philippe visitant la galerie des Batailles, 1837 (Heim)
Château de Versailles, Louis-Philippe et la famille royale visitant la Salle des Croisades (Lafaye, XIXe)
Château de Versailles, Louis-Philippe et la famille royale visitant la Salle des Croisades (Lafaye, XIXe)

En 1855, Napoléon III dîne avec la Reine Victoria dans la Galerie des Glaces et l’impératrice Eugénie, qui vouait une admiration sans borne à Marie-Antoinette, obtient que l’Exposition universelle de 1867 se déroule au château. Pendant la Guerre de 1870, la Galerie des Glaces fait office d’hôpital (ce qui n’est pas un cas unique), l’Empire allemand y est proclamé en 1871, mais c’est la Commune qui amène le changement contemporain le plus spectaculaire : le bi-camérisme. Le Sénat siège alors dans l’opéra royal et l’aile du Midi accueille le plus grand hémicycle parlementaire d’Europe avec la Salle du Congrès qui abrite désormais la chambre des Députés. Depuis la IIIe République, la Salle du Congrès accueille toujours les parlementaires pour les grandes révisions constitutionnelles.

En 1919, une humiliation en chasse une autre, le Traité de Versailles est signé en vue de mettre fin à la guerre avec l’Allemagne, là-même où l’Empire allemand avait été proclamé après la capitulation française. Et puis une autre guerre fait flotter le drapeau nazi sur le château, tandis qu’en 1944 Fred Astaire danse pour les soldats américains devant le palais dont les jardins ne se sont pas remis des dégradations qui débutèrent cinquante ans plus tôt.

Château de Versailles, Galerie des Glaces
Château de Versailles, Galerie des Glaces

En 1951, il pleut sans la Galerie des Glaces. Une souscription populaire et un vrai élan de générosité poussent les Français à sauver Versailles, comme en rêveront d’autres soixante-huit ans plus tard pour sauver Notre-Dame. Versailles devient alors un palais présidentiel, toujours fragile comme en témoigne l’attentat mené par deux nationalistes bretons en 1978 qui fera trois millions de dégâts, mais la création, en 1995, d’un établissement public dotant le château d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière. Ouf! Il fallait cela.

Et sinon, Versailles, comment ça marche ? Ben, comme chez vous en somme. Une cour, des jardins, un rez-de-chaussée, un étage etc.

Les Cours ouvertes sur la ville forment un trident. De la place d’Armes, où se trouve la statue équestre de Louis XIV, on entre par la grille d’honneur en vue de pénétrer dans la Cour d’Honneur, le plus grand espace. Le corps central des bâtiments forme un U et, au rez-de-chaussée, on trouve tous les appartements princiers, l’appartement du Capitaine des gardes, le petit appartement de la reine donnant sur la Cour de Marbre, celui du Dauphin, et enfin l’appartement de la Dauphine situé en-dessous du Grand Appartement de la Reine.

Le Salon d’Apollon. Si vous souhaitez pister une œuvre, je vous recommande le moteur de recherches des collections de Versailles. Outre les renseignements habituels sur qui? comment?où?, vous obtenez toute la vie de l’ouvrage au sein du musée. Ainsi pour Louis XIV, roi de France (1638-1715) peint par Rigaud en 1701 :

Historique Collection Louis XIV ; probablement le portrait inscrit dans l’inventaire Bailly (1709-10) « qui avait été destiné à être envoyé en Espagne », il était alors dans le cabinet des tableaux du roi à Versailles ; mentionné dans le salon de Diane (n°94), corps central, premier étage, dans l’inventaire de 1850 : le tableau est déplacé par les employés du musée (alors à Trianon) pour être photographié par M. Braun, 17 janvier 1875 ; exposé dans le Salon rond du Grand Trianon, en 1938 ; encore exposé dans le Salon rond du Grand Trianon, avant la restauration de la salle en 1964 ; installé dans les salles du XVIIème siècle ( salle n°85 ), premier étage, aile du Nord, 15 septembre 1964; puis dans la salle n°84 des salles du XVIIème siècle ; exposé dans le salon d’Apollon, 29 avril 1985 ; exposé dans le salon d’Apollon au dessus de la cheminée, 2006.

Château de Versailles, Salon d'Apollon, Louis XIV
Château de Versailles, Salon d’Apollon, Louis XIV

Salon de Mars. Cyrus haraguant ses troupes, de Jouvenet le Grand, 1678, au premier plan.

Salon de Mercure. Pendule dite « de Louis XIV ». La pendule à automates est livrée par l’horloger Morand à Versailles en 1706. Jusque vers 1763 le socle et la boîte possédaient un décor de marqueterie Boulle de cuivre et d’ébène auquel succéda le décor actuel de bois de rose et de palissandre. Au-dessus du cadran, deux amours frappent des timbres puis les portes centrales s’ouvrent et le Roi apparaît. Des nuages sort la Renommée pour couronner le Roi tandis que le soleil émerge. Cette pendule, exceptionnelle, offerte à Louis XIV par son constructeur Morand, était initialement conservée dans l’appartement de collectionneur de Louis XIV avant de rejoindre le grand Appartement du Roi, le salon de Mercure ou elle est signalée en 1765 et se trouve toujours actuellement.

Au premier étage, c’est ainsi l’émerveillement garanti avec les Grands Appartements du Roi et de la Reine et la Galerie des Glaces. Côté nord, le Grand Appartement du Roi est relié, au nord, par le salon d’Hercule suivi d’un enchevêtrement de salles menant au Salon de la Guerre qui donne sur le jardin. Le Salon d’Hercule donne directement sur le Salon de l’Abondance réalisé en 1682 par Jules Hardouin-Mansart. Il permettait d’accéder à l’ancien cabinet des curiosités, dit aussi « des Raretés », où Louis XIV conservait ses objets d’art (cette pièce est aujourd’hui le Cabinet des jeux de Louis XVI). Le plafond, peint d’un seul tenant en trompe-l’œil par René-Antoine Houasse, présente sur la corniche les plus belles pièces que comprenait la collection du roi.

Le plateau en marqueterie de pierres dures représentant la carte de la France et d’une partie de l’Europe a été présenté à Louis XIV en 1684 par le mathématicien Claude Couplet, Manufacture des Gobelins. D’abord placée dans le cabinet des Médailles du roi, le plateau et son piétement, à l’origine de bois doré, figurèrent ensuite au Grand Trianon pendant tout le XVIIIe siècle, avant un retour dans le Salon de l’Abondance.

Château de Versailles, Salon de l'Abondance, plateau en marqueterie de pierre dure
Château de Versailles, Salon de l’Abondance, plateau en marqueterie de pierre dure

Louis de France, Duc de Bourgogne, peint par Hyacinthe, atelier de Rigaud au XVIII. Le duc de Bourgogne passait pour un sujet beaucoup plus brillant que son père le dauphin. En 1699, Louis XIV le fit entrer au Conseil des dépêches, en 1702 au Conseil d’En-Haut, à l’âge de vingt ans, alors que son père en avait trente quand il avait eu cet honneur. L’année suivante, pour lui donner le prestige d’un commandement militaire, le roi l’envoya faire le siège de Brisach avec le concours des maréchaux de Tallard et de Vauban. La place se rendit le 6 septembre 1703, après quatorze jours de tranchée ouverte

A l’est du Salon d’Abondance, le Salon de Vénus. Avec le Salon de Diane qui lui fait suite, le salon de Vénus était desservi par l’escalier des Ambassadeurs jusqu’à la destruction de celui-ci en 1752. Les deux salons avaient alors une fonction de vestibule donnant accès au grand appartement du roi qui commençait au Salon de Mars (salle des gardes). Lors des soirées d’appartement, le salon de Vénus accueillait les buffets pour la collation. Léguée à Louis XIV par Varin, la statue fut placée jusqu’en 1687 dans la niche du salon de Vénus, où elle revint en 1896. Une des rares effigies de Louis XIV en pied à avoir été conservée, elle représente le souverain costumé à l’antique, héritier de la grandeur de l’ancienne Rome. Plafond peint par René-Antoine Houasse.

Allez! On reprend tout pour voir si vous avez parfaitement suivi. La Galerie des Glaces relie le Salon de la Guerre à l’Appartement de la Reine, jouxtant l’appartement particulier du Roi qui donne sur la Cour de Marbre, avec la chambre du Roi, le Salon de l’œil de Bœuf et le Cabinet du Conseil.

Côté sud, l’Appartement de la Reine, avec le Salon de la Paix, la Chambre de la Reine, le Salon des Nobles, l’antichambre du grand Couvert et la Salle des Gardes. L’appartement de Madame de Maintenon regroupe quelques pièces donnant sur la cour Royale.

Le second étage est la prolongation des appartements privés du Roi et de la Reine, mais on y trouve surtout l’appartement de madame du Barry et l’appartement du marquis de Maurepas qui sont situés au-dessus de l’appartement intérieur du roi. L’appartement de la marquise de Pompadour surplombe en attique le Grand Appartement du Roi.

L’aile du Midi comprend la Galerie des Batailles, la Salle des Congrès, les Galeries de Pierre basses et l’Hôtel du Grand contrôle.

L’aile Nord comprend la Chapelle, l’opéra royal, la Salle des Croisades, les Galeries de Pierre hautes ainsi que les Salles dites du XVIIe et du XIXe.

Sans oublier les dépendances, où l’ont trouve l’aile des Ministres, les écuries et le grand Commun.

Versailles, c’est immense ! 2 300 pièces, réparties sur 63 154 m2. Audio-guide plus ou moins recommandé si vous souhaitez une visite approfondie, mais quoi qu’il arrive sans doute aurez-vous le même sentiment que moi au terme de la visite : l’envie d’y retourner. L’affluence et l’enchaînement des salles obligent à un certain survol et seules des visites successives, comme au Louvre, permettraient un approfondissement des connaissances surtout que certaines salles sont parfois fermées au public momentanément.

CHÂTEAU DE VERSAILLES ouvert de 9h à 17h30 sauf le lundi

Toutes les images ou vidéos qui ne sont pas de ma production vous emmènent directement vers leur site hébergeur par simple clic. Une occasion supplémentaire d’être curieux et d’en apprendre bien davantage sur le sujet traité ici!

Je remercie châteauversailles.fr qui m’a beaucoup aidé dans la mise en valeur de mes captations images et vidéos, grâce aux différentes présentations du site que je vous invite à rejoindre pour plus d’information :