Les appartements de Mesdames au château de Versailles, Adélaide, Victoire et Sophie, par Drouais

Les appartements de Mesdames, filles de Louis XV, à Versailles

Tout pour la musique

Elles furent les amies de Beaumarchais et, au fond, sans doute bien plus amies que sœurs entre elles. Avec un père plus sensible au cor de chasse qu’à la musique de salon, leur mère, Marie Leszczynska, va vite les initier à la musique, « la passion des filles de France ».

Nous sommes au rez-de-jardin. Et il faut donc passer la Cour de Marbre, support de nombreux selfies, pour accéder au Vestibule de marbre et ses seize pilastres datant de 1679; c’est un simple couloir de communication entre la cour et les jardins. En sortant de ce vestibule, à droite, se trouvent la reconstitution fidèle des Appartements de Mesdames. Juste un mot sur la Cour de Marbre, car il est en rapport avec le thème de ce billet, c’est dans cette cour que Robert-François Damiens va tenter d’assassiner le roi Louis XV en 1757.

La Cour de Marbre du château de Versailles
La Cour de Marbre du château de Versailles

C’est le château dans le château puisque nous accédons au premier édifice construit par Louis XIII en 1623. Les carreaux noirs et blancs, en marbre, sont issus du château de Vaux-le-Vicomte et, cela ne manque pas de saveur, ils furent préemptés par le roi avant leur mise aux enchères par la famille de Nicolas Fouquet, ruinée. Louis Philippe décide de tout remettre à niveau et décaisse cette cour. En 1980, une restauration entreprend de tout remettre en version d’origine.

La Cour de Marbre du château de Versailles
La Cour de Marbre du château de Versailles

Les trumeaux sont des trophées d’armes sculptés en bas-relief par Noël de Jouvenet en 1680. Ici, Casque empanaché et Masque de sanglier.

Après avoir franchi le Vestibule, nous descendons quelques marches dans la Galerie basse, où quelques sculptures d’extérieur ont été placées à l’abri, et nous voici chez Madame Victoire, antichambre servant de salon d’attente.

Après la seconde antichambre de Madame Victoire, nous arrivons au Grand cabinet de Madame Victoire. À l’origine, c’est ici que se trouvait le cabinet octogone de l’appartement des Bains de Louis XIV. En 1763, Mesdames obtinrent que son décor démodé fût remplacé par une élégante décoration dont il subsiste la corniche, les boiseries aux angles de la pièce, ainsi que la cheminée. Le clavecin de Blanchet rappelle que Madame Victoire jouait admirablement de cet instrument et que Mozart lui dédia ses six premières sonates pour clavecin. Le musicien avait joué, ici, pour la première fois en 1763.

La chambre de Madame Victoire. Et nous sommes bien chez des filles, car l’espace est restreint et il tient au fait que les courtisans au service de Madame l’étaient tout autant, mais ils n’étaient pas dénués de rôle précis pour autant : coiffure, habillement et parure.

Cuir vert pour Madame Victoire, rouge pour Madame Adélaïde, Mesdames aiment lire et possèdent des bibliothèques dans toutes leurs résidences. Il faut dire qu’une seule fille se maria et que les deux autres sœurs vécurent très longtemps et habitèrent donc ces pièces, les plus somptueuses après celles des Grands appartements royaux, jusqu’à la Révolution ! Rendues au public en 2013, ces neuf pièces attestent que le château de Versailles était bien une résidence royale.

Passons au Cabinet intérieur de Madame Adélaïde et à sa chambre (le plan de circulation fait que le visiteur passe dans la chambre avant de passer dans l’antichambre). Il faut dire que si les filles de Louis XV arrivèrent ici en 1752, elles n’obtinrent la permission de changer le décor qu’en 1763. Ce qui n’est pas anodin, puisque c’est en 1764 que Madame de Pompadour, amie du Roi louis XIV depuis 1750, mourut dans cette même pièce.

La chambre d’Adélaïde ne fut pas seulement un vestige de la Pompadour en 1764. Elle fut la chambre du comte de Toulouse, de 1724 à 1737, fils légitime du Roi Louis XIV et de Madame de Montespan, puis de son fils, le duc de Penthièvre de 1737 à 1744, puis de la duchesse de 1744 à 1750. Parenthèse Pompadour jusqu’à son dernier souffle, puis elle fut la chambre de Madame Victoire de 1767 à 1769. Que se passa-t-il de 1764 à 1769? On sait simplement que Marie-Josèphe de Saxe devait y habiter après son veuvage, mais elle mourut subitement en 1767…et on exposa son corps sur un lit de parade dans de cette chambre. Enfin, de 1769 à 1789, hourra! Madame Adélaïde occupe cette chambre.

Le Grand cabinet de Madame Adélaïde, imaginé par Madame de Pompadour, où l’origine de l’orgue faisant l’admiration des visiteurs, et qui achève de consacrer le goût des filles de Louis XV pour la musique, est incertaine.

Les Appartements de Mesdames au château de Versailles, Grand cabinet de Madame Adélaïde
Les Appartements de Mesdames au château de Versailles, Grand cabinet de Madame Adélaïde

La visite se conclut par la salle des Hoquetons. On appelait « hoquetons », à cause de leur tunique, les gardes de la prévôté de l’hôtel, qui étaient chargés de la police intérieure du château. Cette salle, où ils se tenaient habituellement, a reçu en 1672 un décor en trompe-l’œil représentant des trophées d’armes et des statues dans des niches feintes.  Il faut bien deux jours pour en faire le tour, mais si nous passions au Petit Trianon?

APPARTEMENTS DE MESDAMES, château de Versailles, 78000 VERSAILLES

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http://www.chateauversailles.fr/
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