Château de Chenonceau

Le Château de Chenonceau

Le château romantique

Joyau des châteaux de la Loire, bien que baignant dans le Cher, le château de Chenonceau est ouvert toute l’année. Le monument, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, appartient toujours à la famille Menier et vit sans subvention publique, grâce aux entrées et autres manifestations.

Pour comprendre l’actuel palais, surnommé le Château des Dames tant les femmes y ont joué un rôle prépondérant, une fois n’est pas coutume, il faut commencer côté jardins. Et vu des pelouses, le visiteur comprend très vite que le végétal fait corps avec le château qui possède également sa ferme. Le Jardin Catherine de Médicis s’oppose d’entrée au Jardin Diane de Poitiers.

Un corps de ferme du XVIe siècle qui abrite également la galerie des attelages, riche collection de carrosses et l’atelier des fleuristes de Chenonceau. Le tout étant de franchir la porte…

Le Jardin de Diane, le Jardin de Catherine de Médicis, le Jardin Vert, le Labyrinthe, autant d’espaces de fraîcheur qui invitent à la flânerie et à l’émerveillement, à l’instar du Jardin Russel Page, inauguré en 2018, véritable invitation à la réflexion verte :

Château de Chenonceau
Château de Chenonceau-Jardin Russel Page

Le potager servira sans nul doute à la confection des mets du restaurant gastronomique de l’Orangerie, véritable havre de paix caché derrière la Galerie des Dômes jouxtant le self, un autre lieu de bouche moins gastro et beaucoup moins romantique…mais la fréquentation exige des lieux de repos des pieds, de l’esprit et de l’estomac!

Chenonceau est l’un des plus beaux châteaux en fleurissement intérieur! Chaque jour, les compositions sont renouvelées pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Ce modeste site n’a toujours pas vocation à supplanter Google ou Wikipédia, mais du château médiéval, il ne subsiste aujourd’hui que le donjon. L’avant-cour et sa Tour des Marques, souvent confondue de prime abord avec la chapelle, donnent le ton d’une visite qui s’annonce en tous points grandiose. Une fois franchie la porte principale, l’Histoire guide nos pas sur cinq cents ans de vie Française, passant de la monarchie à la république, des potions de perlimpinpin à la radiographie aux rayons X…

C’est François 1er qui l’intègre au Domaine royal, le jugeant moins digne d’intérêt que les autres châteaux, en règlement de dettes. Ce n’est pas le magicien de Chambord qui marquera le lieu : Henri II s’en chargera de manière singulière. En le confiant non pas à la reine mais à la favorite, Diane de Poitiers, il est l’inventeur du Château des Dames. Et de nombreux signes de cette évolution historique ne trompent pas dans certains détails monumentaux du Château de Chenonceau !

La chambre de Diane de Poitiers est particulièrement gaie. Il faut dire qu’elle ne sait pas encore que son avenir la conduira au château de Chaumont-sur-Loire, après qu’Henri II succombe sous le coup mortel du Capitaine de ses gardes écossais dans un combat singulier organisé lors d’un tournoi. La cheminée est l’œuvre de Jean Goujon, de l’école de Fontainebleau. Restaurée grâce à Madame Pelouze, les lettres H et C, symbolisant Henri II et Catherine de Médicis, forment un D une fois enlacées…

En 1559, Catherine de Médicis, veuve d’Henri II, écarte Diane de Poitiers et installe le jeune roi dans ce lieu de pouvoir qui se distingue, à bien des égards, du Château de Fontainebleau, tant le romantisme est omniprésent tout au long de la visite. Catherine de Médicis qui supervisera également les travaux de Fontainebleau en écartant l’architecte, jeune protégé de Diane, réservera le château parisien aux négociations diplomatiques ; elle y recevra notamment les ambassadeurs du Pape. C’est Catherine de Médicis qui décidera d’ériger la grande galerie en surplombant le Cher, une prouesse architecturale… et un chef d’oeuvre de la Renaissance directement inspiré du Ponte Vecchio. Soixante mètres de long, six mètres de large, dix-huit fenêtres et une luminosité due au sol fait de dalles de tuffeau et d’ardoise. Deux cheminées Renaissance enserrent cette galerie, mais l’une d’elles n’est qu’un décor permettant l’accès au Cher.

C’est au sein du Cabinet vert que Catherine de Médicis dirige la France. Magnifique Reine de Saba de Tintoret qui orne la porte d’entrée.

Château de Chenonceau-Salon Louis XIV

Louis XIV visita Chenonceau le 14 juillet 1650

Et ce n’est que bien plus tard qu’il offrit à son neveu, le Duc de Vendôme, ce tableau peint par Rigaud à Chenonceau, avec un cadre somptueux que l’on doit à Lepautre tandis qu’une console de l’ébéniste Boulle souligne l’ensemble visible … dans le salon Louis XIV, où se trouve également L’enfant Jésus et Saint-Jean-Bapstiste de Rubens.

Il faut dire que le château est richement doté. Le Salon François 1er regorge d’œuvres exceptionnelles.

L’une des chambres du château évoque le souvenir de Gabrielle d’Estrées, favorite du roi Henri IV

Sans oublier la Chambre des Cinq Reines, aménagée en souvenir des deux filles et trois belles-filles de Catherine de Médicis dont la Reine Margot et Marie Stuart.

En 1589, inconsolable de la mort du roi Henri III, assassiné par le moine Jacques Clément, Louise de Lorraine porte le deuil en blanc et s’isole avec une cour restreinte. On la surnommera la Reine Blanche.

Une autre chambre rappelle le souvenir de César, fils de Gabrielle d’Estrées et d’Henri IV. César, oncle de Louis XIV, Duc de Vendôme, qui deviendra propriétaire du château en 1624.

Au XVIIIe siècle, Louise Dupin, femme progressiste, de lettres, Dame des Lumières, reçoit les plus grands érudits, académiciens et philosophes dans son Salon littéraire. Acquis par son mari, le château sert d’écrin au premier Code des Droits de la Femme qu’elle élabore avec son ami, Jean-Jacques Rousseau. Au détour d’une jolie balade, en passant le Cher, il est possible de découvrir sa tombe toute anachroniquement Baudelairienne. Pour l’anecdote, elle est l’arrière-grand-mère par alliance de George Sand, une autre femme de lettres.

Château de Chenonceau Jean-Jacques Rousseau

Reproduction du buste de Jean-Jacques Rousseau sculpté par Carrier-Belleuse (visible au musée de Montmorency)

Le scandale financier qui entraîne la démission du Président Jules Grévy, plonge le château dans l’incertitude, car c’est le frère de Madame Pelouze, propriétaire du domaine, qui est clairement impliqué dans les malversations conduisant sa sœur à la ruine. L’avenir s’assombrit au XIXe siècle et, en 1913, Henri Menier rachète le château au Crédit Foncier. A sa mort, son frère Gaston, sénateur progressiste, à la tête de la Chocolaterie éponyme, prend tous les frais de fonctionnement du château à sa charge et le transforme en hôpital militaire. Cette époque est retracée dans le Bâtiment des Dômes.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, la Grande Galerie enjambant le Cher est le seul passage de la ligne de démarcation pour fuir la barbarie nazie et la famille Menier permettra le passage en Zone libre à de nombreux juifs et résistants.

La boucle est ainsi bouclée, mais l’histoire n’est pas finie. Si la famille Menier est toujours le propriétaire privé du domaine, le Château ne ronronne pas pour autant. Ainsi, le 15 juin 2019, après trois années de travaux d’ébénisterie, la famille célèbre les 500 ans de la Renaissance en rouvrant à son emplacement exact, au cœur du Bâtiment des Dômes, l’Apoticairerie de la Reine, manière de saluer l’implication scientifique de Catherine de Médicis qui appela son herboriste à la Cour en 1555 ; un certain Nostradamus.

N’avions-nous pas évoqué la chapelle? Une porte dérobée permettait aux souverains de suivre la messe depuis la chambre royale. Elle doit son salut à Madame Dupin qui décida d’en faire une resserre à bois pour les villageois, ôtant ainsi à la pièce son caractère religieux. En usèrent-ils les tomettes? C’est encore une autre histoire… A noter une magnifique Vierge à l’Enfant en marbre de Carrare sculptée par Mino da Fiesole.

A l’instar de ces trappes qui ne s’ouvrent jamais pour les simples visiteurs, Chenonceau recèle encore bien des mystères…

Château de Chenonceau
Château de Chenonceau
Château de Chenonceau

Le château compte de nombreuses représentations de la Vierge et l’Enfant

La Galerie Médicis, située au premier étage, tente d’en explorer certains secrets. Il faut avoir l’œil, aimer lire et s’attacher parfois au sens du détail.

Chenonceau est un château « vivant », disposant de jardins, de fleurs, de fruits, de légumes et d’une ferme. La boucherie n’a rien de décoratif…

Quant aux cuisines aux deux voûtes soutenues par des croisées d’ogives, comment ne pas imaginer les volailles, gigots et autres sangliers qui ont bien dû y rôtir des heures durant dans l’âtre….

Impossible d’être complet. Des croisées d’ogives décalées du vestibule du rez-de-chaussée, en passant par les portes des escaliers, le vestibule de Katherine Briçonnet et le magnifique vestibule du second étage « Bourbon Vendôme » avec sa tapisserie d’Audenarde du XVIe siècle, tant de choses auraient mérité bien plus d’attention dans le détail.

Château de Chenonceau-vestibule du second étage "Bourbon Vendôme" avec sa tapisserie d'Audenarde du XVIe siècle
Château de Chenonceau-vestibule du second étage « Bourbon Vendôme » avec sa tapisserie d’Audenarde du XVIe siècle

 « Eh quoi citoyens ! Ne savez-vous pas que Chenonceau est un pont ? Vous n’avez qu’un seul pont entre Montrichard et Bléré et vous parlez de le démolir ! Vous êtes les ennemis du bien public ! » . Et voilà comment un trait d’esprit, celui de l’abbé François Lecomte, Président du Comité révolutionnaire d’Amboise, sauva le Château de Chenonceaux. La légende dit que Madame Dupin enleva le « x » à Chenonceau en signe d’attachement révolutionnaire. Quoi qu’il en soit, cette viste du Chateau de Chenonceau à Chenonceaux fut un régal !

CHÂTEAU DE CHENONCEAU 37150 Chenonceau avec un site internet bien entendu

Toutes les images ou vidéos qui ne sont pas de ma production vous emmènent directement vers leur site hébergeur par simple clic. Une occasion supplémentaire d’être curieux et d’en apprendre bien davantage sur le sujet traité ici!