"Les seins qui portent bonheur" place Dalida, Montmartre, Paris

Montmartre, 1er novembre et l’atout seins de Dalida

Elle habitait pas très loin, rue d’Orchampt, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Elle était attachée à la Butte, comme Michou et tant d’autres, et les Parisiens avaient besoin d’un lieu de pèlerinage moins triste qu’un cimetière. Ce serait donc une place de Montmartre inaugurée en 1996. La place Dalida, un carrefour situé entre l’allée des Brouillards, la rue de l’Abreuvoir et la rue de Girardon. Paris est un mystère de routes. On croit que tout est figé depuis des millénaires et il s’y trouve encore des croisements pour honorer les artistes, tels Henri Salvador, Coluche, Lino Ventura …

Certes, il est difficile d’échapper aux clichés sur Montmartre. Et après ?

C’est le peintre Aslan, disparu en 2014, qui exécutera le fameux buste de Dalida. Aslan ne vous évoque sans doute pas grand-chose, mais si je vous dis Brigitte Bardot et Mireille Mathieu en Marianne, les pin-up du magazine Lui, et tout un tas d’affiches des années 50 pour les Folies Bergères, le Casino de Paris ou bien encore l’Olympia… Jolie famille que les Gourdon ( Alain Gourdon alias Alain Aslan ), car le frère a exécuté toutes les couvertures de la collection Fleuve noir dans la meilleure époque de l’édition, des années cinquante aux années quatre-vingts. C’est donc un buste en bronze qui commémorera le dixième anniversaire de la disparition de Dalida et, vingt ans plus tard, un détail ne vous aura pas échappé.

"Les seins qui portent bonheur" place Dalida, Montmartre, Paris
« Les seins qui portent bonheur » place Dalida, Montmartre, Paris

D’où vient le mythe ? Pourquoi s’attaquer à ce symbole pour le trentième anniversaire de sa disparition ? Dalida et sa poitrine magique, statue iconique bien malgré elle d’une maternité avortée qui la conduira à la stérilité par la suite. Dalida et ses « seins qui portent bonheur », statut ironique venant encenser une vie ponctuée de séparations, de drames et de suicides. La première fois, elle était âgée de 34 ans et, vingt années plus tard, se sentant vieille et fatiguée, elle décide de quitter la vie, quelques jours avant d’incarner Cléopâtre dans une comédie musicale qui aurait été un succès. Son dernier projet abouti aura été un film du réalisateur égyptien Youssef Chahine, Le Sixième Jour, adaptation d’un roman d’Andrée Chedid, née au Caire, comme elle en 1933. Dans le film, un instituteur mourant du choléra prophétise : « le sixième jour, ou on meurt, ou on ressuscite… ». Ne se remettant pas de son énième dépression, il n’y aura jamais de Cléopâtre VII sur scène, mais une fois dans ses appartements privés, comme Cléopâtre, reine d’Egypte…

Qui aurait cru un jour que les caresses des fans obligeraient à tant de liftings ce buste célèbre dont le regard paraît si vide et les seins tellement pharaoniques ? L’Egypte, une fois encore. 1979 et une tournée triomphale dont on parle encore là-bas.

Clin d’œil amusant, l’autre soir sur Taratata, de voir M, Matthieu, le petit-fils d’Andrée Chedid, aux côtés d’Ibrahim Maalouf qui prête son souffle à un album hommage qui sortira le 17 novembre 2017, Dalida by Ibrahim Maalouf, dont vous pouvez entendre quelques extraits en avant première :

Pochette album Dalida by Ibrahim Maalouf
Pochette album Dalida by Ibrahim Maalouf

Le saviez-vous ?  A chaque Toussaint, avec l’accord d’Orlando, le frère de l’artiste, les fans fleurissent la tombe de Dalida. En 1987, France Soir avait titré : « Dalida est morte d’amour » . Une mort lente en quelque sorte, car les hommages ne s’éteignent pas près de trois décennies plus tard.

Pour en savoir plus, je vous invite à cliquer sur le site officiel :

Site officiel Dalida
Site officiel Dalida

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