Les Jardins du Palais-Royal à Paris

Nous changeons d’heure cette nuit et n’était-ce pas le moment idéal pour vous en parler ? Ah ! Le Palais-Royal. Tout d’abord Palais-Cardinal, Richelieu l’avait construit en 1632 dans le premier arrondissement de Paris. Il deviendra Parais-Royal, car Louis XIV enfant viendra s’y abriter durant la Fronde. C’est en 1780, dans le cadre d’une opération immobilière dont est coutumier le quartier, que les jardins prennent leur forme actuelle, avec les grandes arcades et de nombreux commerces et autres lieux de plaisirs libertins.

Les galeries du Palais-Royal à Paris
Les galeries du Palais-Royal à Paris

Il n’est pas question ici de plagier Wikipedia, mais il convient d’admettre que le périmètre regorge d’une belle concentration de monuments parisiens : la Comédie-Française, le théâtre du Palais-Royal et de belles brasseries, le Conseil d’Etat, le Conseil Constitutionnel, le Ministère de la Culture, rien que ça ! D’ailleurs, le sculpteur québécois, Michel Goulet, ne s’y est pas trompé en nous invitant à nous asseoir et à écouter, moyennant une prise jack, Les Confidences de penseurs, poètes et philosophes qui nous conduisent à rêvasser dans ce superbe jardin fleuri. Si l’on ajoute à cela un autre Jack, Lang celui-ci, et les fameuses colonnes de Buren ou bien encore les Sphérades de Paul Bury ( une fontaine à sec apparemment ), le Palais-Royal est donc un lieu hautement touristique de Paris, à deux pas du Louvre, mariant parfaitement le passé et l’avenir.

Côté Conseil Constitutionnel et pas forcément sage, l’écrivain Jean Cocteau habitera au 36 rue de Montpensier ( et je vous invite à lever la tête pour trouver la fameuse étoile et le C entremêlés ) tandis que côté Grand Véfour, Colette s’invitera au 9 de la rue rue de Beaujolais ( levez la tête également, mais la plaque est beaucoup moins difficile à trouver ). Qu’il est agréable de se promener en ces lieux chargés d’Histoire, surtout après un bon repas!

Palais-Royal, Paris, côté Bibliothèque Nationale Richelieu, face à la rue Vivienne
Palais-Royal, Paris, côté Bibliothèque Nationale Richelieu, face à la rue Vivienne

Et c’est justement un dénommé Guillaume, horloger de son état, tenant boutique dans l’une des galeries du jardin du Palais-Royal qui aura un jour cette drôle d’idée de sonner l’heure juste. Ainsi, en 1786, chaque jour, à midi pile, les montres et horloges ne dépendent plus de cadrans solaires pour obtenir l’heure « moyenne », celle du déplacement du soleil, mais au coup du canon, chacun voit midi à sa porte. Placé sur le méridien et d’abord ornementé d’une loupe qui, les jours de soleil, brûlait la mèche à l’heure dite des mois de mai à octobre, le canon reçoit ses visiteurs réguliers jusqu’en 1914… et l’apparition de l’heure de Greenwich.

Petit canon du Palais Royal site du Centre des Monuments Nationaux
Petit canon du Palais Royal site du Centre des Monuments Nationaux

Le pauvre canon, appelé aussi méridienne ou canon méridien ou canon solaire ou bien encore canon de midi, aura une existence contrariée. Placé sous cloche de verre pour le protéger, le Lions Club vient à son secours en 1974, le sauvant ainsi d’une attaque d’oxydation majeure. A cette occasion, on en profite pour élaborer un système de mise à feu à la poudre noire, plus certain que la seule action du soleil. En 1980, c’est justement la loupe qui inquiète et une nouvelle restauration est entreprise ! En 1990, Jack Lang, Ministre de la Culture, autorise à nouveau le coup unique de midi, mais en 1998 l’engin astiqué de près est dérobé.

Une copie réduite au silence est installée. Peu de temps après, on s’interroge sur le plan Vigipirate et ce bruit de canon retentissant dans ce quartier sensible et touristique, mais en 2011 la décision est prise : le canon sera tiré tous les mercredis à midi.

Sur son socle, on pouvait lire :

« Horas non numero nibi serenas »,

« Je ne compte que les heures heureuses »

Aussi, soyons heureux et changeons d’heure au son du canon et de son artificier hebdomadaire !

Toutes les images ou vidéos qui ne sont pas de ma production vous emmènent directement vers leur site hébergeur par simple clic. Une occasion supplémentaire d’être curieux et d’en apprendre bien davantage sur le sujet traité ici!

Image à la une : Wikipedia commons, Jean-Pierre Dalbéra

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